Les rêves de Nan Goldin exposés chez Art Bärtschi à Genève

Les rêves de Nan Goldin (Träme) seront exposés à la galerie Art Bärtschi à Genève
du 22 mars au 10 mai 2018

Figure incontournable de la photographie contemporaine, pionnière et sans tabou, l’emblématique Nan Goldin revient, adoucie et guérie après des années de silence pour présenter de nouveaux assemblages de photographies, appartenant à la série des fameux Grids qu’elle élabore depuis plusieurs dizaines d’années.

Née en 1953 à Washington D.C, aux États-Unis, Nan Goldin est élevée dans un milieu bourgeois. C’est à l’adolescence qu’elle se prend de passion pour la photographie pour échapper à une famille rigide et à un quotidien étouffant. C’est le suicide de sa sœur ainée en 1963 qui la pousse à vouloir immortaliser son entourage à l’image d’un journal intime photographique. “J’ai commencé à prendre des photos à cause du suicide de ma sœur. Je l’ai perdue et je suis devenue obsédée par l’idée de ne plus jamais perdre le souvenir de personne…La photo m’a sauvée ». Son appareil photo lui sert d’exutoire et lui permet de surpasser ce moment difficile.

Nan Goldin entre ensuite aux beaux-arts de Boston pour étudier l’image. Elle y fait une rencontre décisive, David Armstrong, son ami et muse qui devient l’un des premiers sujets pour ses photos en même temps qu’il se transforme en drag queen. La photographe découvre un monde marginalisé qui l’a toujours attiré. Se revendiquant bisexuelle, elle va immortaliser ce milieu pendant une grande période de sa carrière et débute la série qui la rendra mondialement célèbre : The Ballad of Sexual Dependency, un diaporama de près de 700 images, présentées au MoMA l’an passé. En plus des séries de photographies devenues iconiques, elle s’est intéressée, dès les années 1970, à l’assemblage d’images, aux possibilités offertes par les différentes combinaisons envisageables et à la juxtaposition.

Au début des années 80, le sida fait ravage et elle décide de témoigner du quotidien de ses amis malades en photographiant leurs derniers instants. Dans une volonté de transparence totale, elle n’hésite pas à se prendre elle-même en photo. L’une des plus marquantes est d’ailleurs son autoportrait pris peu après avoir été battu par son compagnon, qui a failli lui faire perdre un œil.

Elle devient mondialement reconnue pour son œuvre photographique sans tabous, qualifié de « trash » qui traite essentiellement de sujets liés à ses expériences dans le milieu underground des années 70-80 : fêtes, débauche, sexe, violence, drogue, alcool, maladie et mort.

Après des cures de désintoxication à la fin des années 90 et des procès couteux dus à la trahison de ses amis qui ne voulaient plus apparaître sur ses photos, elle s’est retirée et isolée. Aujourd’hui, l’artiste semble avoir exorcisé ses démons et son travail a évolué. En découle le livre Eden and After, avec une série plus douce où elle s’intéresse à l’enfance.

La photographe américaine a été mise à l’honneur dans de nombreuses institutions, telles que le Centre Pompidou à Paris, la Berlinische Galerie, le Fotomuseum de Rotterdam, ou encore le Whitney Museum of American Art à New York. Elle a été nommée Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres en 2006, a été lauréate du prix Hasselblad en 2007 et a reçu la Médaille MacDowell en 2012 ainsi que le prix d’honneur du Festival international du livre d’art et du film de Perpignan pour l’ensemble de son œuvre.

La photographe américaine sera présente lors du vernissage ce jeudi 22 mars et l’exposition durera jusqu’au 10 mai 2018. 

Nan Goldin, Pink Grid, 2016, Cibachrome marouflé sur dibond, 150 x 219 cm, Edition de 3. Courtesy of Nan Goldin and Art Bärtschi & CieNan Goldin, Pink Grid, 2016, Cibachrome marouflé sur dibond, 150 x 219 cm,
Edition de 3. Courtesy of Nan Goldin and Art Bärtschi & Cie

Nan Goldin, First Love, 2014, Cibachrome marouflé sur dibond, 50,8 x 144,8 cm, Edition de 3. Courtesy of Nan Goldin and Art Bärtschi & CieNan Goldin, First Love, 2014, Cibachrome marouflé sur dibond, 50,8 x 144,8 cm, Edition de 3. Courtesy of Nan Goldin and Art Bärtschi & Cie

Nan Goldin, Veils, 2014, Cibachrome marouflé sur dibond, 114 x 134 cm, Edition de 3. Courtesy of Nan Goldin and Art Bärtschi & CieNan Goldin, Veils, 2014, Cibachrome marouflé sur dibond, 114 x 134 cm, Edition de 3. Courtesy of Nan Goldin and Art Bärtschi & Cie

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Nan Golden – Träume
24 rue du Vieux Billard
1205 Genève

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