Môtiers – Art en plein air

Les artistes contemporains des quatre coins de la Suisse se sont donnés rendez-vous à Môtiers pour une ballade en plein air

Les expositions en plein air de Môtiers ont acquis une place importante dans le paysage artistique suisse. Depuis sa premiere édition en 1985, elles attirent des artistes jeunes ou confirmés venus des quatre régions linguistiques du pays. Les oeuvres proposées sont libres de thème pour autant que l’histoire régionale se retrouve en toile de fond. Comme l’expliquent les organisateurs de l’exposition : « Nous insistons, lors des visites des lieux (avec les artistes), sur l’histoire, la géographie, les problèmes sociologiques ou économiques de notre vallée, de manière que les artistes s’en imprègnent. Rares sont ceux qui ne se réfèrent pas à ce qui leur a été présenté. C’est ainsi que, exposition après exposition, des œuvres fleurissent, faisant allusion à Rousseau, à l’absinthe, à l’horlogerie, à l’asphalte, ou de manière plus générale au paysage jurassien environnant, avec sa cascade, sa grotte, ses rivières, ses rochers escarpés, autour d’un village du XVIIIe et d’un monastère du Xe. »

Pour les éditions, précédentes, de nombreuses têtes d’affiches ont répondu présent comme Jean Tinguely en 1989, puis Ben, Olivier Mosset et John Armleder, Günther Förg, Sylvie Fleury ou encore Daniel Spoerri. Pour l’édition 2021, c’est Roman Signer qui a été choisi pour représenter l’évènement.

Affiche de l’Edition 2021.
Ce nuage d’eau, il représente tout ce que nous aimons en art, l’imprévu, le doute, – il tombe ou il s’élève du cabanon ? – tout autant que son aspect esthétique.

Cette nouvelle édition propose de découvrir les oeuvres d’une cinquantaine d’artistes à travers des sculptures, des installations, des performances, le tout en pleine nature pour un parcours de quelques heures.

Les visiteurs sont accueillis à travers les rues du village par une sculpture de Claudia Comte. L’artiste s’inspire avec cette grande oeuvre en marbre des formes du corail.

Claudia Comte, The Big Marble Soft Coral (four fangs) © Art Môtiers – Photo: F. Charrière

Le Parc Girardier sert d’écrin à une Installation Simultanée de Roman Signer et à deux grands arbres fendus à la tronçonneuse par Urs Twellmann. Le bois sous toutes ses formes est le point de depart de toutes les installations de l’artiste. Deux arbres morts reprennent ici vie avec cette installation monumentale.

Urs Twellmann, Art Môtiers 2021 © ARTEEZ

Le parcours se poursuit avec une construction éphémère des Frères Chapuisat. Rétrogression évoque les rêves, les peurs et les souvenirs marquants de l’enfance. Le visiteur qui est invité à pénétrer dans la cabanne par une petite trappe qui se situe en dessous, se laisse surprendre par l’explosion de couleurs qu’elle renferme.

Les Frères Chapuisat, Rétrogression, Art Môtiers 2021 © ARTEEZ
Les Frères Chapuisat, Rétrogression (intérieur) Art Môtiers 2021 © ARTEEZ

Invitation à un moment de détente avec le Pisolino de Marta Margnetti. Ce terme qui signifie en Italie la sieste représente ce moment de pause dans la frénésie de la journée. Ce hamac en métal accroché entre deux arbres fait place à des visions altérées, entre veille et sommeil.

Marta Margnetti, Pisolino. Art Môtiers 2021 © ARTEEZ

Après avoir escaladé la montagne, le visiteur fait la rencontre de la Gardienne du Temps. Située à l’entrée d’une grotte et au pied d’une cascade, une femme en rouge se dresse, valise à la main. Catherine Gfeller rend ici hommage a une femme inconnue que l’histoire régionale a passé sous silence : la mère chinoise du fils du fameux horloger vallonner Edouard Bovet-de-Chine.

Catherine Gfeller, La Gardienne du Temps. Art Môtiers 2021 © ARTEEZ

Cachée dans la foret, une cabane mystère apparaît. Cette oeuvre de Alexandre Joly intitulée Chapelle Inversée est un espace d’écoute et d’observation qui se révèle comme un monde à redécouvrir. Le visiteur est invité à y pénétrer à travers un rideau placé à l’arrière et observer ce qui s’y passe depuis l’intérieur.

Alexandre Joly, Chapelle InverséeArt Môtiers 2021 © ARTEEZ

Notre ballade artistique s’achève avec une oeuvre monumentale de Christian Gonzenbach. Le squelette d’une girafe nous lance-t-il un simple « Au revoir » comme lorsque l’on quitte un parc d’attraction ou est-ce un « Adieu » en référence à l’extinction de nombreuses espèces animales qui marque ces dernières décennies?

Christian Gonzenbach. Art Môtiers 2021 © ARTEEZ

Beni Bischof a le mot de la fin avec son oeuvre The End. Petite note d’humour sur cette fin de parcours ou prédiction apocalyptique? A chacun sa propre interpretation.

Beni Bischof. The End. Art Môtiers 2021 © ARTEEZ

Art en Plein Air
Môtiers, Suisse
Du 20 juin au 20 septembre 2021
www.artmotiers.ch

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