Basquiat à la Fondation Louis Vuitton

L’exposition de Jean-Michel Basquiat à la fondation Louis Vuitton parcourt, de 1980 à 1988, l’ensemble de la carrière du peintre en se concentrant sur plus de 135 œuvres décisives. L’exposition compte des ensembles inédits en Europe, à l’image des Heads ( 1981-1982) pour la première fois réunies ici, des collaborations entre Basquiat et Warhol, des travaux essentiels tels que Obnoxious Liberals (1982), In Italian (1983) ou encore Rididng with Death (1988) mais également d’autres toiles rarement vues depuis leurs premières présentations du vivant de l’artiste.

In Italian, 1983, acrylique et crayon sur toile avec supports en bois et 5 petites toiles peintes au feutre, Courtesy The Brant Foundation, Greenwich, USA, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez
Obnoxious Liberals, 1982, acrylique, crayon gras et peinture aérosol sur toile, Collection Eli et Edythe L. Broad, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez

Jean-Michel Basquiat a fait de New York et de ses rues son premier atelier. Il a renouvelé la pratique du dessin et le concept d’art. Sa pratique du copier-coller a frayé la voie à la fusion des disciplines et des idées les plus diverses. Il a créé de nouveaux espaces de réflexion et anticipé, ce faisant, notre société Internet et post-Internet et nos formes actuelles de communication et de pensée. Dans son oeuvre, l’absence des artistes noirs apparaît avec une douloureuse évidence ; l’artiste s’impose alors de faire cohabiter les cultures et les révoltes africaines et afro-américaine. 

Le décès de Basquiat en 1988 interrompt une œuvre prolifique, réalisée en à peine une décennie, riche de plus de mille peintures et davantage de dessins. 

Irony of Negro Policeman, 1981, acrylique et crayon gras sur bois, Colletion AMA, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez
Sans titre, vers 1984-1985, acrylique et collage sur papier marouflé sur panneau alvéolaire, collection particulière, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez

Parcours de l’exposition

Le parcours de l’exposition est chronologique et s’ouvre avec l’ensemble des trois grandes Heads et s’ensuit avec la présentation d’un ensemble d’œuvres qui répercutent dans leurs compositions l’énergie, l’intensité de l’environnement urbain et son langage. Ce premier volet se conclut par les grands personnages peints par l’artiste les « prophètes ».

In this case, 1983, acrylique et crayon gras sur toile, collection Giancarlo Giammetti, New York, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez

Le second temps de l’exposition est marqué par un ensemble d’une trentaine de dessins de têtes réalisées majoritairement en 1982. Cet accrochage fonctionne comme une immense composition de visages occupant tout le champ de vision du regardeur ; il souligne l’importance du dessin chez Basquiat.

Vue de l’exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez
Self-Portrait with Suzanne, 1982, crayon gras sur carton, Collection Stephanie Seymour Brant, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez

Plus loin, la section « Héros et Guerriers » s’ouvre avec le chef d’œuvre iconique qu’est le boxeur noir ( Untitled boxer) 1982. Les personnages de cette section se parent d’auréoles, de couronnes ou de couronnes d’épines. Le dernier temps de cette section s’articule autour de la musique et de la figure du saxophoniste de jazz Charlie Parker, un des héros de Basquiat.

Sans titre (Boxer) 1982, acrylique et crayon gras sur toile, collection particulière,  Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez

Deux ensembles majeurs sont présentés plus loin, le premier étant formé par Grillo 1984 et Gold Griot dans lequel s’expriment des références à une culture africaine réinterprétée et véhiculée par la diaspora, où la figure noire s’impose, omniprésente. Le second ensemble est consacré à la relation entre Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol. Le portrait Dos Cabezas (1982), inaugure cette fascination mutuelle et introduit un ensemble d’œuvres réalisées à quatre mains à partir de 1984. Warhol et Basquiat collaborent en mêlant librement dessin et sérigraphie. 

Grillo, 1984, acrylique, huile, collage papier, crayon gras et clous sur bois, Fondation Louis Vuitton, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez
Gold Griot,1984, acrylique et crayon gras sur bois, The Board Art Foundation, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez
Dos Cabezas, 1982, acrylique et crayon gras sur châssis de lattes sur bois croisées, Collection particulière, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez

Les dernières salles s’organisent en deux sections, la première se concentre sur de grands formats de 1985-1987 mêlant acrylique, pastel gras et collages. La dernière dont l’intitulé Unbreakable(Incassable) reprend le titre d’une œuvre de 1987, rassemble quelques-unes des dernières productions de l’artiste, dont le magnifique Riding with Death(1988). La toile témoigne de l’héritage pictural complexe de l’artiste, où se conjuguent des références à l’art de la Renaissance, à la peinture d’icône, aux courants les plus radicaux du XXe siècle, mais où s’affirme surtout un sentiment de désarticulation dans une course furieuse et désespérée vers le néant.

Riding with death, 1988, acrylique et crayon gras sur toile, Collection particulière, Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 © Arteez
Portraits de Jean-Michel Basquiat, Lee Jaffe, 1983 © LW Archives, LLC. Courtesy of LW Archives, New York by permission. All Rights reserved. Exposition Jean-Michel Basquiat, Fondation Louis Vuitton, 2018 

Jean-Michel Basquiat
Fondation Louis Vuitton
Jusqu’au 14 janvier 2019

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