L’oeuvre plurielle de Casimir Reymond

L’artiste vaudois Casimir Reymond est à l’honneur à L’Atelier De Grandi à Corseaux, Suisse

Pour Edith Carey, commissaire de l’exposition et auteure de la monographie de référence consacrée à l’artiste, l’oeuvre de Casimir Reymond est « plurielle ». C’est une des raisons pour laquelle Reymond est un artiste difficile à identifier. Il était à la fois dessinateur, peintre et sculpteur. Il a été influencé par de grands peintre tels que Ferdinand Hodler ou encore Paul Cézanne. Son parcours artistique est fait de ruptures et de changements de style. Il a beaucoup exploré, expérimenté même dans ses signatures qui étaient variées.

Vue de l’exposition « Casimir Reymond, peintures, dessins, sculptures », L’Atelier De Grandi, 2019 © Arteez
Vue de l’exposition « Casimir Reymond, peintures, dessins, sculptures », L’Atelier De Grandi, 2019 © Arteez

Les débuts du jeune artiste

Casimir Reymond a quitté Vaulion, son village natal, dès l’âge de 15 ans pour fuir l’autorité de sa mère institutrice. Il part à Lausanne pour commencer l’Ecole normale. Son professeur de dessin qui perçoit rapidement en lui des qualités artistiques réussi à persuader ses parents pour qu’il se dirige dans cette voie. Il suivra ainsi des cours à l’Ecole des Beaux-Arts de Genève entre 1909 et 1913. Eugène Gillard est un des professeurs qui l’aura beaucoup marqué. Il lui fait découvrir l’art d’avant-garde à travers des peintres comme Van Gogh, Gauguin et Cézanne. Le « Père Gillard » se rendait à des expositions d’art à Paris et ramenait des revues d’art français ou d’art allemand à ses élèves. Son enseignement a eu une influence décisive sur le jeune artiste.

L’avenir de peintre du jeune artiste était très prometteur. A vingt ans à peine, il présentait 180 peintures et dessins dans une exposition personnelle à Lausanne.

Sa peinture est forte et graphique. Ses couleurs sont intenses et acidulées. Ses formats audacieux. L’influence du sculpteur est déjà présente dans sa peinture. Pour la commissaire, « il voyait les formes, les volumes dans la nature, tel un sculpteur ».

Verger en fleur sur fond de sommets enneigés, vers 1916, signé en bas à droite « Casimir.Reymond », huile sur toile, 81.5 x 117 cm. Collection privée
Vue de l’exposition « Casimir Reymond, peintures, dessins, sculptures », L’Atelier De Grandi, 2019 © Arteez

Une décennie parisienne

Felix Vallotton lui conseille de quitter Lausanne et de monter à Paris pour faire carrière. Il s’y rend dès 1922 et y reste dix années.

Pour se faire connaitre des critiques, marchands d’art et des collectionneurs, il va exposer dans les salons parisiens comme le Salon d’automne, le Salon des artistes indépendants ou encore le Salon des Tuileries. Il reçoit des critiques très élogieuses mais ses oeuvres ne trouvent pas acquéreur.

Diane et les nymphes, 1923, signé au dos en bas à droite « Casi », huile sur toile, 46 x 27 cm. Etude préparatoire pour Diane et Actéon, Collection Tellier, Suisse

Ses années parisiennes sont très difficiles. Il vit dans la pauvreté. C’est également une période pendant laquelle il produit peu car il est très exigeant à l’égard de lui-même. Il est insatisfait de son travail allant jusqu’à détruire ce qu’il avait fait la veille. Ce qu’il produit à Paris ne correspondait pas a sa sensibilité profonde.

Le peintre devient sculpteur

L’adolescent a beaucoup observé tous les métiers manuels qui étaient pratiqués dans son village: le forgeron, le menuisier, le scieur de bois, le casseur de pierres… Reymond s’essaie pour la première fois à la sculpture en taillant la tête de son père dans le champ délimitant le champ paternel en 1915.

Vue de l’exposition « Casimir Reymond, peintures, dessins, sculptures », L’Atelier De Grandi, 2019 © Arteez

Casimir Reymond s’impose dans la sculpture notamment monumentale grâce à des commandes publiques. De 1925 à 1928, il rentre temporairement en Suisse pour la commande des Cariatides du Tribunal Fédéral de Lausanne.

Il retourne à Paris de 1928 à 1932. Il travaillera dans l’ancien atelier de Picasso au Bateau-Lavoir mais sa situation financière le pousse à rentrer définitivement en Suisse.

Retour en Suisse

En 1932, il accepte le poste d’enseignant à l’Ecole cantonale de dessin et d’art appliqué de Lausanne. Il prend goût à son enseignement et influencera à son tour un grand nombre de jeunes artistes vaudois.

Vue de l’exposition « Casimir Reymond, peintures, dessins, sculptures », L’Atelier De Grandi, 2019 © Arteez

Comme l’écrit Edith Carey, « les contemporains de Reymond ont vu, dans sa versatilité, une manque d’unité et de cohérence, comme s’il n’avait jamais pu trouver sa voie. Il est, bien au contraire, toujours resté bien conséquent avec lui-meme dans son perpétuel besoin de renouvellement ». et de poursuivre: « ses différents langages artistiques entrent en résonance les uns avec les autres selon une logique interne où les sentiments, chose surprenante chez un homme de raison, ont toujours eus une part prépondérante. » (Catalogue de l’exposition « Casimir Reymond », L’Atelier De Grandi, Corseaux, 2019)

L’exposition « Casimir Reymond, peintures, dessins, sculptures » est à voir jusqu’au 18 août 2019.

Vue extérieure de L’Atelier De Grandi © Arteez

L’Atelier De Grandi
Chemin d’Entre-deux-villes 7  
1802 Corseaux, Suisse
Du 11 avril au 18 août 2019

Toute reproduction interdite
© www.arteez.ch 2019