Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école

Pascale Samuel nous a reçus à l’occasion de l’exposition Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940, présentée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme de Paris jusqu’au 31 octobre 2021. Avec cette première exposition depuis sa prise de fonction en décembre 2019, la conservatrice des collections d’art moderne et contemporain a mis la barre haut. Judicieusement conçue et impeccablement réalisée, l’exposition est un bel exploit esthétique et pédagogique et un évènement incontournable. 

Hannah Starman pour Arteez : Le titre de l’exposition évoque les trois noms les plus connus de l’École de Paris, à savoir Marc Chagall, Amedeo Modigliani et Chaïm Soutine, mais vous avez volontairement choisi de ne pas reprendre le terme École de Paris dans le sous-titre. Pourquoi ?

Pascale Samuel (PS) : Le sous-titre de l’exposition Paris pour l’école est évidemment un clin d’œil à l’École de Paris, mais l’expression est assez galvaudée et on ne sait plus trop ce qu’elle représente. L’idée de l’exposition était justement de revenir sur l’origine, la signification et le contexte dans lequel l’École de Paris apparaît dans les années 1920. A travers 133 œuvres, peintures, sculptures et dessins, l’exposition présente les parcours et l’œuvre d’artistes juifs étrangers, arrivés à Paris au tournant du 20ème siècle. Chagall, Modigliani, Soutine sont ceux que le public connaît le mieux, mais l’enjeu de l’exposition est aussi de faire découvrir beaucoup d’autres artistes qui sont leurs contemporains, qui ont fait le même déplacement et qui ont les mêmes attentes de modernité et de liberté quand ils arrivent à Paris. Organisée chronologiquement, l’exposition permet au visiteur de les suivre depuis leur arrivée vers 1905 jusqu’à 1940. On s’arrête ainsi juste avant la Shoah tout en suggérant ce qui allait se passer. 

Marc Chagall, L’atelier, 1911
Huile sur toileCentre Pompidou, MNAM-CCI © Centre Pompidou, MNAM, Dist. RMN/GrandPalais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot © Adagp, Paris 2021

Quels sont les origines, les circonstances, les chronologies et les parcours de ces artistes juifs qui viennent en France ? 

PS : Le premier groupe arrive autour du moment de l’exposition des Fauves au Grand Palais en 1905. Ce sont des artistes et intellectuels juifs assimilés, issus d’un milieu bourgeois et germanophone. Ils avaient été pour la plupart formés à Munich avant de venir à Paris et ils vont participer à l’aventure de l’Académie Matisse de 1907 à 1911. L’idée était de partir d’une photographie prise en 1910 au Café du Dôme à Montparnasse qui va donner son nom au groupe des « Dômiers ». On y retrouve le marchand et critique d’art Wilhelm Uhde et les artistes Walter Bondy, Rudolf Levy et Jules Pascin. A ces premiers arrivés vont se joindre ensuite Béla Czobel, Moïse Kisling et Sonia Delaunay dont on présente l’œuvre emblématique Philomène (1907), prêtée par le Centre Pompidou. 

Plus tard, entre 1910 et 1913, arrivent les artistes de la « zone de résidence » à l’ouest de l’Empire russe, de Vilnius à Odessa, où les juifs étaient cantonnés jusqu’en 1917. Chagall, Soutine, Zadkine, Kikoïne, Krémègne, Indenbaum etc. viennent tous de ces régions où l’hassidisme, ce courant religieux juif de tendance mystique, était très fort. Leurs circonstances sont modestes, leurs traditions orthodoxes et leur culture juive importante. Ils vont se retrouver à la Ruche, cité d’artistes emblématique de ces artistes étrangers venus à Paris, qui existe toujours au passage Dantzig dans le 15ème arrondissement. La Ruche a été créée par un autre artiste, Alfred Boucher qui est un sculpteur académique et mécène. Les loyers y sont très peu chers. Ils se donnent le mot pour atterrir là une fois arrivés en France, par exemple, Kikoïne et Krémègne qui ont étudié ensemble avec Soutine à Vilnius se disent « rendez-vous à Paris. » Progressivement, chacun y arrive à quelques mois d’écart et ils se retrouvent à la Ruche. Il n’y a pas que des juifs à la Ruche, mais la communauté juive était suffisamment importante pour qu’ils puissent continuer d’avoir des pratiques, ne serait-ce que linguistiques, communes, le temps de pouvoir matériellement « s’en sortir » et quitter cette Ruche qui était quand même assez peu confortable. 

Amedeo Modigliani était le seul sépharade de l’exposition.  Il était important pour nous de rappeler l’identité juive de Modigliani, mais aussi celle de Livourne dont il était originaire. Livourne était un port majeur et une ville qui dès le 17ème siècle a accueilli une communauté juive influente et prospère. Nous avons trouvé une des rares œuvres où Modigliani écrit en hébreu. C’était un clin d’œil qui ici était important. 

Amedeo Modigliani, Portrait de Dédie, 1918Huile sur toile
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Meguerditchian

Y a-t-il des échanges entre ces deux groupes d’artistes juifs venant de milieux si différents ? Cherchent-ils à créer un « art juif » ?

PS : Non, je n’ai pas trouvé d’endroit de jonction et ils ne partagent pas les mêmes préoccupations. Les bourgeois du Café du Dôme avec leurs cols empesés et leurs chapeaux melon ne fréquentent pas le même Paris que ces artistes qui viennent des shtetls [villages] de la « zone de résidence », qui parlent yiddish, qui ont été « les enfants du cheder » [l’école juive] pour reprendre la formule d’El Lissitzky. Ce sont surtout ces artistes juifs traditionnels qui s’interrogent et réfléchissent entre eux sur ce qui pouvait être un art juif. En 1912, ils publient une revue d’art juif, une sorte de fanzine sur papier très modeste qui s’appelle Makhmadim, qui en hébreu signifie « délice ». La revue va avoir, parait-il, cinq numéros mais aujourd’hui on n’en connait plus que trois qui sont conservés au Musée d’Israël : un sur shabbat, un sur chavouot [fête de la moisson] et un sur pessah [pâques]. On voit qu’ils ont la volonté de créer un art juif mais quand on regarde le résultat de ce qu’ils ont fait, on réalise qu’ils ont des thèmes juifs, mais on ne peut pas parler d’art juif, formellement.

Le débat autour de la question « existe-t-il un art juif ? » devient d’ailleurs un grand débat dans la presse française des années 1920. Un débat qui est plutôt antisémite au départ et auquel les revues juives répondent de manière assez moqueuse, essayant de tourner cela en ridicule parce qu’on voit bien qu’il n’y a pas un « art juif » en tant que tel. Mais ce qui est quand même intéressant c’est qu’une fierté nationale naît après la Déclaration Balfour de 1917 et qu’une envie d’identifier les artistes juifs apparaît dans les années 1920. C’est dans ce contexte que naît la collection « Artistes juifs » aux Éditons Le Triangle, que nous présentons aussi à l’exposition. Il s’agit de textes en français et en yiddish, écrits par des grands auteurs juifs, tels que Adolf Basler, Georges Waldemar, etc. Ces petites monographies bilingues et joliment illustrées avaient pour vocation d’avoir une diffusion importante et d’être lus de Minsk à Buenos Aires en passant par New York. 

Artistes à la Ruche, 1914
mahJ © mahJ

Il y a parmi ces artistes plusieurs femmes qui ont connu un succès retentissant, par exemple Sonia Delaunay et Chana Orloff. Quelle était la place des femmes dans cet univers artistique juif entre chapeaux melon et papillotes ? 

PS : Les femmes sont présentes dans l’École de Paris et j’ai essayé de leur donner une place dans chaque section. Par exemple, j’ai positionné Philomène de Sonia Delaunay de sorte à ce qu’elle regarde les hommes sur la photographie prise au Café du Dôme dont Wilhelm Uhde, marchand d’art homosexuel qui sera son premier mari et qui lui permettra de rester en France. Delaunay qui vient d’Odessa et a été adoptée et élevée à Saint Pétersbourg par un oncle bourgeois, va faire une première formation à Karlsruhe avant d’arriver à Paris. Elle va être la première femme à avoir une rétrospective au Louvre de son vivant. Elle peint Philomène à 22 ans. L’influence de Matisse y est encore forte. Delaunay a été associée aux Dômiers à un moment donné mais je l’ai mise sur une cimaise en face, dans la même salle mais pas tout à fait avec. 

Sonia Delaunay, Philomène, 1907
Huile sur toile
Centre Pompidou, MNAM-CCI © Pracusa S.A.

Dans la section dédiée aux différents avant-gardes, le cubisme, le fauvisme, l’art abstrait, etc. on retrouve Alice Halicka, une artiste d’origine polonaise et épouse de Louis Marcoussis. Dans ses mémoires, Halicka raconte que son mari lui a dit : « un cubiste à la maison suffit. » Elle attend donc son départ à la guerre en 1914 avant de s’autoriser à explorer, elle aussi, des compositions cubistes. L’œuvre d’Alice Halicka est très polymorphe, elle va également réaliser des images publicitaires pour Helena Rubinstein, tout comme Sonia Delaunay. Ces femmes trouvent des opportunités dans des domaines, tels que la mode, qui peuvent paraître à l’époque moins sérieux que de faire de la peinture cubiste et d’exposer dans les salons. 

Alice Halicka, Nature morte cubiste, 1915
Huile sur toile
mahJ © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi

Chana Orloff va être la première de tous ces artistes juifs étrangers à Paris à entrer dans une collection publique française, au Jeu de Paume. Elle a vraiment réussi alors que la vie n’avait pas été facile pour elle. Elle avait choisi la sculpture, discipline difficile pour une femme. D’origine russe, Orloff est arrivée à Paris en 1910 en passant par la Palestine. Elle va se marier avec le poète Ary Justman qui s’engage en 1914 et meurt de la grippe espagnole en 1918 alors qu’elle est enceinte.  Malgré tout, Orloff connaît un succès incontestable qu’elle doit à ses qualités de portraitiste. Nous présentons ses portraits des personnalités de l’intelligentsia parisienne que la célèbre salonnière Nathalie Clifford Barney lui fera connaître. On y retrouve les psychanalystes Otto Rank et René Allendy, les écrivains Anaïs Nin, Edmond Fleg, Mac Orlan et Shalom Ash ou encore la collectionneuse Madame Bloch. Nous avons choisi volontairement des plâtres – qui sont encore conservés par la famille – et non des bronzes, pour retrouver un peu l’ambiance de l’atelier que Chana Orloff va faire construire à la Villa Seurat par les frères Perret. A la fois lieu de travail et lieu de vie, l’atelier est préservé dans son état d’origine et peut être visité. [Pour en savoir plus, www.chana-orloff.org/]. 

Chana Orloff, 1916
© Archives Chana Orloff

8500 juifs étrangers se sont engagés pour défendre la France en 1914. Est-ce que les artistes juifs ont suivi le mouvement de cette mobilisation massive ?

PS : La première guerre mondiale est le moment où les artistes étrangers vont choisir de rester ou de rentrer dans leur pays d’origine. L’appel du 29 juillet 1914, signé par un groupe d’intellectuels étrangers mené par Blaise Cendrars et Ricciotto Canudo invite les immigrés à s’engager : « Intellectuels, étudiants, ouvriers, hommes valides de toute sorte, nés ailleurs, domiciliés ici, engagez-vous pour sauver la République qui vous a accueillis. » Les juifs ont répondu présent. Parmi les artistes exposés, Isaac Dobrinsky, Moïse Kisling, Simon Mondzain, Louis Marcoussis et Ossip Zadkine vont s’engager. Il ne faut pas oublier que, surtout pour les juifs venant de la « zone de résidence », la France est un autre monde. L’expression yiddish « heureux comme Dieu en France » témoigne de cet attachement des juifs à la France, leur souhait d’y rester et leur volonté de défendre le pays des droits de l’homme qui depuis 1791 leur accorde la pleine citoyenneté. 

A l’entrée dans l’espace consacré à cette période charnière qu’est la Grande guerre nous présentons La mort et la femme (1917) de Marevna [Marie Vorobieff], une artiste russe extraordinaire et compagne de Diego Rivera avec qui elle a eu une fille. C’est la collection du Petit Palais réunie par Oscar Ghez à Genève, qui nous a prêté cette œuvre exceptionnelle. Une salle est dédiée à Zadkine et Mondzain qui tous les deux vont s’engager, Mondzain dans la Légion étrangère et Zadkine qui sera ambulancier. Ils réalisent des dessins, certains très forts, voire très macabres. Homme à la lettre (1915) et Faim (1914) de Mondzain qui dominent la pièce sont des œuvres sublimes d’une force incroyable. Ce sont typiquement des tableaux prêtés par la famille qui les a conservés. La famille Mondzain nous a également prêté des archives. Nous sommes un musée d’art, mais aussi d’histoire donc il est important de montrer ces documents militaires, des photographies dans les tranchées, son petit carnet d’esquisses, etc. On suit les documents jusqu’à l’acte de naturalisation française de Mondzain en 1923, après quatre années passées dans la Légion étrangère. 

Simon Mondzain, La Faim, 1914
Huile sur toile
Collection particulière © Christophe Fouin

Le Salut, un petit tableau de Chagall qu’il fait depuis la Russie en 1914 clôt cette partie de l’exposition. A la différence de Zadkine et Mondzain, Chagall se retrouve en Russie au moment de la guerre, non pas qu’il ait choisi de retourner en Russie volontairement, mais il est sur place et s’y retrouve bloqué. Il va donc participer à cette révolution qui se met en place [révolution d’octobre 1917] et à l’école de Vitebsk qu’il va créer. 

L’expression École de Paris apparaît dans les années 1920 pour décrire l’ensemble des artistes étrangers arrivés dans la capitale française au début du 20ème siècle. La naissance du terme coïncide à la fois avec les débuts de notoriété des artistes juifs et la fameuse querelle au Salon des indépendants. Comment le monde de l’art français réagit au succès commercial des artistes étrangers ? 

PS : Les années 1920 sont les années de la reconnaissance de ces artistes, à commencer par Soutine qui va être acheté de manière massive par le docteur Barnes, un collectionneur américain de Philadelphie. Ce succès soudain de Soutine, cette reconnaissance à l’étranger, va aussi déranger beaucoup d’intellectuels et de critiques jusqu’à générer certaines jalousies. Ce n’est peut-être pas un hasard si la même année la direction du Salon des indépendants va prendre la décision pour le salon de 1924 de ne plus exposer les artistes par ordre alphabétique ou par style, mais de les présenter par nationalité. Évidemment, les artistes sont furieux car la décision va à l’encontre de l’esprit même du Salon des indépendants, ce salon sans jury où tout le monde pouvait exposer son travail. Or, classer les artistes par nationalité, c’était renvoyer Soutine à son origine russe, alors qu’il a quitté la Russie et qu’il a souhaité rester en France. La décision est certes xénophobe, mais pas antisémite. Heureusement, la direction du Salon n’a pas prévu de nationalité juive.

Même si le classement par nationalité n’impacte pas la visibilité des artistes juifs, elle génère le scandale dans la presse et le milieu artistique et provoque une réaction intense. D’un côté, les inclusifs comme l’écrivain et critique d’art André Warnod et les directeurs de la revue Montparnasse diront : « Nous nous plaçons au-dessus de toutes les frontières et qu’un camarade soit juif, russe, nègre, chinois ou français, que nous importe ? L’originalité de Montparnasse est précisément d’attirer tous les artistes du monde dans la grande communauté française. » D’autre part, la clique autour du directeur du Salon des indépendants, Paul Signac, qui pourtant était anarchiste dans sa jeunesse, se lamente que l’on ne voit plus ce qu’est la scène française. Il y a tellement d’étrangers que même les Américains s’y perdent. Toute proportion gardée, c’est un peu comme les dreyfusards et les antidreyfusards. 

La Marchande de journaux à Montparnasse
Chaïm Soutine (Smilovitchi, 1893 – Paris, 1943) Paris, vers 1925
Huile sur toile, 29×18 cm
Paris, mahJ, don de Claire Maratier

L’exposition s’arrête en 1940. Quel sera le destin de ces artistes juifs après la loi sur « les ressortissants étrangers de race juive » promulguée par le gouvernement de Vichy en octobre 1940 ?  

PS : C’est l’anéantissement définitif de l’École de Paris qui ne sera pas reconstituée après la guerre. L’idée de la dernière salle de l’exposition, appelée sobrement « 1940 » est d’évoquer avec quelques œuvres ce qui suivra. Nous présentons ici une série de sculptures et dessins réalisés par Chana Orloff en 1939 autour de la sauterelle, une évocation de dix plaies d’Égypte, et la colombe, symbole de paix. Chana Orloff est restée à Paris jusqu’en 1943 avant de se réfugier en Suisse avec son fils Elie et l’artiste Georges Kars, présenté à l’exposition avec un Autoportrait très inquiet de 1929. L’atelier de Chana Orloff sera saccagé, pillé, dévasté. Elle sera spoliée et il faudra des années pour récupérer ses œuvres et d’ailleurs, elle n’a pas tout récupéré. George Kars se suicidera en 1945 à Genève. Il ne supportera pas les nouvelles qui lui parviennent après la libération des camps. 

Georges Kars, Autoportrait, 1920 ou 1929
Huile sur toile
Strasbourg, musée d’Art moderne et contemporain © Musées de Strasbourg

D’autres artistes vont partir. C’est le cas de Jacques Lipchitz qui a fait La fuite en 1940. La sculpture représente une femme et un homme en train de courir. Comme Lipchitz, Chagall et Kisling vont rejoindre les États Unis. Kisling peint le tableau du port de Marseille exposé juste avant son départ en septembre 1940. Il écrit à sa femme Renée qui n’étant pas juive, reste en France avec leurs deux enfants : « J’ai le cafard de foutre le camp mais je pense que je fais bien de foutre le camp. »  Il avait raison. Des dizaines d’artistes juifs vont mourir dans les camps d’extermination. Le journaliste polonais Hersh Fenster va reconstituer leur parcours après la guerre et réunir ces récits dans un livre intitulé Nos artistes martyrs, publié en yiddish en 1951 et traduit en français en 2021. Le livre reprend le titre du poème écrit par Marc Chagall en 1950. La lecture de ce poème en français et en yiddish accompagne le visiteur se dirigeant vers la sortie. 

Jacques Lipchitz, La Fuite, 1940
Plâtre, patine
Centre Pompidou, MNAM-CCI © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat

Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école, 1905-1940
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Du 17 juin au 31 octobre 2021
www.mahj.org

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