Questions/réponses avec la photographe Aimée Hoving

Nous avons voulu en savoir davantage sur la photographe Aimée Hoving, actuellement exposée à la galerie Joy de Rouvre à Genève, pour sa nouvelle série de photographies “Pictures of Her”.

Prix dernier.jpgL’Ondine, 2017, impression pigmentaire sur papier fine art, contrecollé sur aluminium, 70 × 105 cm © Aimée Hoving

Arteez: Comment êtes-vous devenue photographe ? 

A. H.: J’ai reçu mon premier appareil photo Fischer Price quand j’étais très jeune. Je faisais de la photo, comme cela, sans penser à en faire mon métier.

Entrée à l’ECAL (Ecole Cantonale d’Art de Lausanne) en section design industriel, je me suis rendu compte que le design ne me correspondait pas. Mon professeur de photographie, m’a poussé vers ce médium. Je suis rentrée en section communication visuel pour faire de la photo.

Arteez: Pouvez-vous présenter votre série “Pictures of Her”?

A.H. Chaque image est une histoire, mon histoire, celle du lieu où la photographie a été prise. Chaque histoire est aussi celle de l’enfant. Rien ne permet de deviner qu’il s’agit de ma fille et qu’il s’agit d’une performance accomplie en duo: je propose, elle dispose, et vice et versa. C’est elle qui, par exemple, a donné le titre aux images. C’est un travail que nous faisons à deux.

Arteez: Comment le projet est-il né ?

A.H.: Cette série a commencé par des photos d’enfants, comme font tous les parents, afin de garder une trace d’un temps vite révolu. De ce geste anodin, inconscient, est née une démarche artistique. Les premiers clichés ont été réalisés en vacances.

Arteez: Comment préparez-vous vos prises de vues?

A.H.: Les prises de vue prennent beaucoup de temps. Mes images sont des mises en scène orchestrées. Chaque image doit raconter une histoire. Son histoire.

Il y a beaucoup de préparation en amont, avant même de choisir le jour et le bon moment de prise de vue.

Je travaille en lumière naturelle, il faut donc aller plusieurs fois sur le lieu de la prise de vue, avant de trouver la bonne lumière à une heure précise. Observer comment la lumière bouge, son intensité et comment j’aimerais que la lumière apparaisse sur mes images.

Comme c’est un travail en duo avec ma fille, il faut qu’elle soit disponible. Nous travaillons ainsi en vacances, les weekends et après l’école. De fait, la lumière change aussi et donne parfois de belles surprises.

Les idées, je les propose, et ma fille participe à la réalisation. Elle choisit comment elle souhaite être habillée. Quand j’ai plusieurs idées, elle tranche et donne aussi une forme de direction artistique, à sa manière. Pour certaines images, c’est plus évident que pour d’autres. Après, il faut aussi réussir à réaliser son idée.

Arteez: Quels aspects de votre travail vous plaisent le plus?

A.H.: Tous mais le processus de création et de recherches, qui prennent beaucoup de temps me plaisent particulièrement. Dans le projet “Pictures of her”, passer du temps avec ma fille et créer ensemble un univers unique à nous deux. J’apprécie aussi l’aboutissement du travail lorsque celui-ci est publié, reçois un prix, est accroché au mur d’un collectionneur ou dans une galerie.

Arteez: Est-ce que vous pensez aux réactions que vous voulez susciter quand vous prenez vos photos?

A.H.: Non pas forcément. Cela dépend de la photo. Mais évidemment que l’image doit provoquer une réaction sur la personne qui la regarde.

Arteez: Quels photographes contemporains vont inspirent ?

A.H.: Taryn Simon, Hellen Van Meene ou encore Bettina Rheims.

Arteez: Etes-vous vous-même collectionneuse? Si oui, que collectionnez-vous ?

A.H.: Je collectionne beaucoup de choses, des objets qui sont précieux à mes yeux, des souvenirs que je chine. Je collectionne aussi des objets pour mes photos. De l’art non, j’achète au coup de cœur des choses qui me plaisent, mais je n’ai encore jamais acheté de la photo.

Arteez: Si vous n’étiez pas devenue photographe, qu’auriez-vous fait ?

A.H.: Créateur de jardin.

Arteez: Quels sont vos projets à venir ?

A.H.: Beaucoup… de projets photos dont certains sont déjà en cours, continuer le travail avec ma fille. En parallèle, je travaille sur un merveilleux projet à propos des femmes “mutantes” comme moi. Ce sont des femmes porteuses de la mutation génétique BRCA1 et BRCA2. Je travaille sur ce projet depuis que j’ai eu mon cancer. Un travail d’art, de portraits essentiellement, mais lourd émotionnellement.

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photo8Babies Breath, 2017, impression pigmentaire sur papier fine art, contrecollé sur aluminium, 70 × 105 cm © Aimée Hoving

photo7.jpgAlien Twins, 2017, impression pigmentaire sur papier fine art, contrecollé sur aluminium, 70 × 105 cm © Aimee Hoving

photo5.jpgHet Boeket, 2017, impression pigmentaire sur papier fine art , contrecollé sur aluminium, 80 × 80 cm © Aimée Hoving

photo4.jpgInto the Wild, 2017, impression pigmentaire sur papier fine art, contrecollé sur aluminium, 50 × 70 cm © Aimée Hoving

L’exposition de Aimée Hoving “Pictures of Her” est à voir jusqu’au 30 juin 2018.

Galerie Joy de Rouvre
2 rue des vieux Grenadiers
1205 Genève

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