La forme sublime de Brancusi

Le musée Bozar de Bruxelles présente l’exposition Brancusi – La sublimation de la forme

Constantin Brancusi (1876 – 1957) est l’un des artistes majeurs du XXè siècle. Il est considéré comme l’un des pères de la sculpture moderne. L’exposition présentée au musée Bozar de Bruxelles met en valeur les débuts académiques de l’artiste jusqu’à la réalisation de ses oeuvres emblématiques. Elle présente également son travail photographique qui jouait un rôle essentiel dans son travail de sculpteur.

Les débuts de Constantin Brancusi

Après avoir suivi une formation à l’École des arts et métiers de Craïova en Roumanie, Brancusi intègre l’école des Beaux-Arts de Bucarest. Il arrive à Paris en 1904 après avoir traversé une partie de l’Europe, il est alors âgé de vingt-huit ans. Une année plus tard, il est accepté aux Beaux-Arts de Paris dans la classe du sculpteur Antonin Mercié. En 1906, Auguste Rodin repère le jeune artiste au Salon d’Automne et lui propose de venir travailler dans son atelier parmi une cinquantaine d’assistants. Après quelques mois sous l’autorité du Maître, il décide de partir car il estime qu’ « à l’ombre des grands arbres, rien ne pousse. »

Les années qui suivent vont s’avérer difficiles pour Brancusi. Il confiera que « ce furent les années les plus dures, les années de recherche, les années où je devais trouver mon chemin propre. » Ce départ marque donc son rejet de l’académisme et va permettre à Brancusi de poser les bases de sa pratique artistique : travailler la taille directe sans avoir recours systématiquement au modèle.

La taille directe, c’est le vrai chemin vers la sculpture, mais aussi le plus mauvais pour ceux qui ne savent pas marcher.

Constantin Brancusi

Le tournant dans sa carrière

Trois oeuvres vont marquer un moment charnière dans la création artistique de Brancusi: Le Baiser, La sagesse de la terre et La Prière. Désormais, l’artiste se rapproche des artistes dits primitifs tels que Gauguin et Derain et cherche à mettre en avant le matériau et la simplicité de la figure. Pour le sculpteur, « c’est la texture même du matériau qui commande le thème et la forme qui doivent tous deux sortir de la matière et non lui être imposés de l’extérieur. »

La sublimation des formes

Dès 1907, Brancusi va ainsi épurer ses formes pour ne garder que l’essentiel. Ce processus d’épuration va progressivement le conduire à réaliser des formes aussi parfaite qu’un oeuf en guise de visage. L’oeuvre intitulée Le commencement du monde (vers 1920) est l’aboutissement de ses recherches.

Constantin Brancusi, Le commencement du monde, vers 1920, marbre, maillechort et pierre, Exposition Brancusi – La sublimation de la forme, Bozar, Bruxelles © ARTEEZ 2020
(A gauche) Constantin Brancusi, Tête inclinée, 1915, gouache et crayon sur papier, (à droite) Etude pour le premier pas, 1913, crayon sur papier. Exposition Brancusi – La sublimation de la forme, Bozar, Bruxelles © ARTEEZ 2020

Au-delà de la sublimation des formes, Brancusi va apporter une attention particulière au traitement de la surface des matériaux qu’il utilise pour réaliser ses sculptures. Il va ainsi polir ses bronzes au point de les faire miroiter. Et pour ajouter encore plus d’élégance à ses pièces, il va créer des socles aux formes aussi abouties que l’oeuvre qu’elles présentent avec des matériaux nobles comme le marbre ou le bois sculpté.

(En haut a gauche) Constantin Brancusi, Le poisson, 1926, bronze, métal et bois. (en haut à droite) Léda, 1926, bronze poli et socle. (en bas au centre) Vue de l’exposition Brancusi – La sublimation de la forme, Bozar, Bruxelles © ARTEEZ 2020

En parallèle à l’exploration des thèmes de la féminité et de la masculinité qu’il va reprendre inlassablement, l’artiste va travailler sur le thème de l’oiseau. Il dira à ce propos: « Je n’ai cherché pendant toute ma vie que l’essence du vol« . Ses premières représentations arborent encore les signes distinctifs de l’oiseau mais vont, au fur et à mesure, s’estomper pour ne garder que les caractéristiques essentielles du volatile.

L’atelier de Brancusi

Dans son atelier du 8 impasse Ronsin à Paris, Brancusi reçoit ses amis artistes comme Amedeo Modigliani, Marcel Duchamp, Fernand Léger ou encore Man Ray. Son atelier va devenir un lieu privilégié pour l’artiste car il est un lieu de vie et de travail. Les oeuvres qui y sont disposées constituent un ensemble, des « groupes mobiles » qui interagissent entre eux et dans l’espace. Dès les années 1920, Brancusi va présenter ses oeuvres dans son atelier et considérer cet espace de travail comme une œuvre d’art à part entière.

Constantin Brancusi, Autoportrait dans l’atelier: Les colonnes sans fin I à IV, Le poisson, 1930, Léda, 1926, photographie prise vers 1934. Exposition Brancusi – La sublimation de la forme, Bozar, Bruxelles © ARTEEZ 2020

L’exposition Brancusi – La sublimation de la forme est à voir jusqu’au 2 février 2020.

Brancusi – La sublimation de la forme
BOZAR, Bruxelles
Jusqu’au 2 février 2020
www.bozar.be

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