La symphonie des couleurs de Sam Gilliam

Le Kunstmuseum de Bâle présente pour la première fois en Europe une exposition individuelle consacrée à l’artiste Sam Gilliam. L’exposition “The Music of Color” apporte un éclairage sur la période de création la plus radicale partant des années 1967 à 1973 de l’artiste afro-américain.

Une sélection de 45 œuvres, souvent monumentales, provenant de collections particulières et publiques du monde entier offre aux visiteurs un aperçu de l’œuvre singulière de ce peintre influent. L’exposition permet aussi d’aborder l’histoire de la peinture abstraite de cette période sous un angle nouveau. 

Avec ses oeuvres, Sam Gilliam interroge la séparation communément admise entre peinture, sculpture et architecture. Pour l’exposition bâloise, l’artiste a repensé certains de ses travaux afin de répondre aux particularités architecturales du lieu. 

Sam Gilliam aime la couleur et la fait s’exprimer. En 1962, il se rapproche de la Color Field Painting, raison pour laquelle les historiens de l’art l’associent souvent à la Washington Color School. Cependant, l’artiste ne tarde pas à délaisser la voie tracée par Mark Rothko, Louis Morris et Kenneth Noland pour affirmer son indépendance. Deux ensembles d’œuvres majeurs présentés à Bâle: les Slices et les Drapes permettent de saisir la diversité de sa pratique artistique et le caractère novateur de ses travaux réalisés pendant cette période. 

Pour ses Slices, l’artiste verse de la peinture acrylique largement diluée sur la toile non apprêtée, puis s’applique à la plier et à la froisser pendant que la peinture est encore fraîche. Il tend ensuite la toile sur un châssis incliné.

IMG_3032.JPGSam Gilliam, Vue de l’exposition The Music of Color, Kunstmuseum Basel, 2018 © Arteez

IMG_3034.jpgSam Gilliam, Vue de l’exposition The Music of Color, Kunstmuseum Basel, 2018 © Arteez

IMG_3038.JPGSam Gilliam, Vue de l’exposition The Music of Color, Kunstmuseum Basel, 2018 © Arteez

Pour les Drapes, il continue à employer la même technique mais il n’utilise plus de châssis. Présentant des formes et des formats divers, les Drapes semblent onduler dans l’espace. Gilliam parvient ainsi à jouer avec le plafond, le sol et les murs du lieu d’exposition et à proposer aux visiteurs de nouvelles expériences esthétiques.

IMG_3019.JPGSam Gilliam, Vue de l’exposition The Music of Color, Kunstmuseum Basel, 2018 © Arteez

IMG_3030.JPGSam Gilliam, Vue de l’exposition The Music of Color, Kunstmuseum Basel, 2018 © Arteez

IMG_3039Sam Gilliam, Vue de l’exposition The Music of Color, Kunstmuseum Basel, 2018 © Arteez

The Music of Color aborde également la dimension politique et historique de l’œuvre de Gilliam. Même s’il est rare que l’artiste s’exprime personnellement sur la politique, l’exposition présente des travaux des séries Martin Luther King et Jail Jungle qui font écho aux émeutes raciales de 1968. Avec son œuvre intitulée Composed (formerly) Dark as I am (1968–1974), il aborde avec ironie le débat autour du Black Art et le rôle des artistes noirs dans la peinture abstraite dans les États-Unis des années 1960 et 1970. 

Autumn Surf-SFMOMA, 1973.jpgSam Gilliam, Autumn Surf, Installation View der Ausstellung «Works in Spaces» im San Francisco Museum of Modern Art, 1973, Foto: Art Frisch, Courtesy San Francisco Chronicle ©2018, ProLitteris, Zurich

L’artiste était également représenté à la foire de Art Basel, Basel, pour son édition 2018, par David Kordansky, Los Angeles, dans les espaces de Art Unlimited.

L1000885.jpgSam Gilliam, Untitled 2018, David Kordansky, Los Angeles © Arteez

L’exposition The Music of Color est à voir jusqu’au 30 septembre 2018 au Kunstmuseum Basel à Bâle.

The Music of Color 
Kunstmuseum Basel, Bâle
Du 9 juin au 30 septembre 2018
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