Le marché de l’art en ligne

Face à l’essor des nouvelles technologies et des nouveaux modes de consommation, comment se comporte le marché de l’art en ligne et qui sont les acteurs?

Le marché de l’art en ligne est en constante augmentation et les plateformes de vente d’art “online” se multiplient. Selon le Rapport Hiscox 2018, ce secteur affichait une hausse de 12% en 2017. A noter que les écarts de croissance sont importants d’une plateforme à l’autre.

Certains secteurs comme les maisons de vente aux enchères sont rapidement entrées dans l’ère numérique contrairement aux galeries et marchands qui peinent à s’adapter au marché en ligne. Ces derniers préfèrent utiliser des sites de vente tiers pour vendre leurs oeuvres en ligne. L’intérêt est pourtant primordial pour les galeries car leur présence en ligne leur permettrait de développer leur clientèle étrangère.

14,1% des acheteurs déclarent dépenser entre 5’000 – 10’000 $ pour des objets d’art en 2018 (Rapport Hiscox 2018). Or, les acheteurs d’art en ligne sont encore des clients occasionnels.

Les tableaux et reproductions restent la cible privilégiée des acheteurs. Les collectionneurs de photographies sont également de plus en plus actifs sur le net. Enfin, les nouvelles formes d’art, comme l’art vidéo ou l’art digital, gagnent en popularité.

De plus en plus de plateformes de vente en ligne voient le jour sur internet. Comment faire le tri entre toutes ces offres? Le Rapport Hiscox 2018 fournit un classement des plateformes de vente d’art en ligne. On y trouve des maisons de ventes aux enchères, des pure players et des sites aussi éloignés du marché de l’art traditionnel que Etsy.

*entreprises de ventes aux enchères traditionnelles

Le marché de l’art en ligne présente des avantages mais encore beaucoup d’inconvénients.

Parmi les avantages, on peut citer l’engouement lié à l’essor des nouvelles technologies. L’émergence  des nouveaux outils comme le machine learning et l’intelligence artificielle pour identifier les goûts des collectionneurs et formuler des recommandations, mais également les crypto monnaies telles que le bitcoin et la blockchain devraient augmenter les ventes en ligne dans le futur.

L’inconvénient majeur d’un achat sur internet est que l’acheteur est derrière son écran et qu’il ne pas voir “en vrai” ou toucher l’oeuvre. Toute reproduction photographique d’une oeuvre, même de très haute définition, ne remplacera jamais le regard porté sur une oeuvre dans une galerie ou aux expositions des ventes aux enchères. Des technologies ont été développées pour aider l’acheteur potentiel à se faire une meilleure idée comme placer l’oeuvre de façon virtuelle dans son intérieur (par exemple avec l’application Curate) et les scanneurs en 4D développés par la Start-up suisse Artmyn qui pourraient se developper à plus grande échelle. Le scanneur révèle la matière et  bien qu’il soit derrière son écran, l’acheteur peut deviner chaque coup de pinceau de l’artiste ou chaque courbe ou aspérité d’une sculpture.

Les autres inconvénients liés à internet sont évidement la menace des cyber-attaques qui pèsent sur les galeries et altèrent la confiance des acheteurs. D’après les chiffres du Rapport Hiscox, près d’une galerie sur trois a été la cible de cyber-attaque en 2017.

Les utilisateurs d’internet sont également inquiets par les questions liées à la protection des données. Un grand nombre de galeries et de plateformes interrogées ont reconnu ne pas avoir de connaissance du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Rentré en vigueur le 25 mai 2018, ce Règlement vise à unifier les règles et renforcer la protection des données des citoyens de l’Union Européenne.

Quel avenir pour le marché de l’art en ligne ?

Le marché de l’art online serait plus efficace si seulement quelques plateformes mondiales se partageaient le marché. La consolidation du marché est attendue depuis longtemps. Des fusions et acquisitions ont eu lieu au cours des 12 derniers mois. A titre d’exemple, Paddle8 a fusionné au début de l’année 2018 avec The Native, entreprise suisse de technologie et d’e-commerce.

La fidélisation de la clientèle demeure une problématique pour le marché de l’art en ligne. Il semble aussi plus difficile de pouvoir négocier en ligne or les acteurs du marché de l’art traditionnel ont l’habitude de négocier les prix.

Parmi les améliorations à apporter, il faudrait renforcer la confiance et la crédibilité des plateformes de vente d’art en ligne auprès des acheteurs. Ceci pourrait passer par plus de transparence des prix et des offres d’oeuvres d’art de meilleure qualité. Les plateformes de vente en ligne devront également être responsables en matière de suivi, de garantie de l’authenticité, de la provenance et de l’état de conservation des oeuvres. Les questions de transport et de livraison devraient aussi faire l’objet d’amélioration. Les oeuvres d’art ne peuvent pas être traitées comme n’importe qu’elle autre marchandise.

Le rôle des réseaux sociaux

Quand on parle de marché de l’art en ligne, il ne faut pas négliger le pouvoir des réseaux sociaux. Les plus utilisés sont Instagram, Facebook, Twitter, Pinterest, ArtStack ou encore LinkedIn. Ils sont devenus un outil essentiel pour les acteurs du marché de l’art.

Les galeries ont compris l’intérêt d’utiliser les réseaux sociaux. A titre d’exemple, le compte Instagram de la galerie Gagosian compte 988’000 followers, Pace: 733’000 followers, Hauser & Wirth: 353’000 followers, Thaddaeus Ropac: 138’000 ou encore Templon 32’600. Tout l’enjeu désormais pour les grandes et les plus petites galeries est de transformer ces followers en futurs acheteurs.

Pour retrouver le Rapport 2018 Hiscox 2018 sur le marché de l’art en ligne, cliquez ici 

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