Le retour de Takashi Murakami

Takashi Murakami est de retour à la galerie Perrotin de Paris avec une toute nouvelle série inspirée de la peinture traditionnelle japonaise

Figure incontournable de la scène artistique japonaise, Takashi Murakami s’est fait connaître à travers le monde avec une oeuvre singulière qui mélange les genres, les influences, les époques et les médiums (peinture, sculpture, installation, film d’animation…).

Chef de file du néo-pop japonais, l’artiste a développé une théorie artistique intitulée Superflat dans laquelle il identifie les rapports entre la culture pop japonaise et l’héritage artistique et culturel de son pays d’origine.

Inspirées de l’imagerie manga, ses oeuvres, souvent très colorées et graphiques, font la part belle à des thèmes et personnages récurrents comme ses fleurs qui arborent un large sourire, ses champignons, ses têtes de mort, ses monstres malicieux ou encore ses sculptures hyper-sexualisées.

Vue de l’exposition Takashi Murakami, « BAKA », Galerie Perrotin, Paris © ARTEEZ

L’influence de Warhol

Murakami ne s’en cache pas, il est un fervent admirateur du pop art américain et plus précisément de Andy Warhol. Comme il l’explique: « Il a eu un trait de génie, l’invention de la peinture facile. Je suis jaloux de lui. Je ne cesse de demander à mon équipe pourquoi notre travail est si compliqué alors que Warhol, lui, menait une vie facile en peinture. » ( extrait de Seven Days in the Art World de Sarah Thornton).

Promotion de l’art en tant que marque

Artiste, chef d’entreprise et manager, Murakami est doué en affaires. Il a su intégrer le marketing et la consommation a son concept artistique. Son art est souvent qualifié de commercial. Il exploite en masse les produits dérivés de ses oeuvres et a collaboré avec des maisons de luxe comme Louis Vuitton ou des artistes comme Kanye West. Parmi les aspects moins connus de son travail, Murakami soutient également les jeunes artistes à travers sa société Kaikai Kiki Corporation.

La cote de Murakami

Murakami est l’artiste japonais le plus coté du monde. Sa sculpture My Lonesome Cowboy a été vendue plus de 15 millions de dollars en 2008 chez Sotheby’s New York. 

Avec d’autres artistes japonais en vogue comme Aya Takano ou Yoshitomo Nara, Murakami inonde le marché en vendant des œuvres multiples (éditées en plusieurs exemplaires). Murakami compte ainsi parmi les artistes mondiaux les mieux classés en fonction du nombre d’oeuvres vendues (données Artprice).

Exposition BAKA chez Perrotin

Après 3 ans d’absence à la galerie Perrotin de Paris, l’artiste expose une trentaine de peintures et sculptures dont des oeuvres mettant à l’honneur Mr. DOB, personnage iconique crée par l’artiste en 1993, une sculpture Devil Ko2 et un nouvel aspect de son travail avec sa série des Fish Paintings .

Vue de l’exposition Takashi Murakami, « BAKA », Galerie Perrotin, Paris © ARTEEZ
Vue de l’exposition Takashi Murakami, « BAKA », Galerie Perrotin, Paris © ARTEEZ

Hommage à l’art traditionnel asiatique

Avec sa nouvelle série des « Fish Paintings », le public découvre un autre aspect du travail de Takashi Murakami. Il est important de rappeler que Murakami est docteur de l’Université des Arts de Tokyo et a été formé à la peinture classique. Pour sa série Fish Paintings, il s’est inspiré des céramiques de la dynastie Yuan en Chine (vers 1206 – 1368). Il reprend ici les motifs de poissons sur deux grandes peintures de près de 10 mètres de long et trois tondo (support de format rond). A travers ces nouvelles oeuvres, Murakami se plonge dans ses souvenirs d’enfance – ses promenades en bord de rivière avec son père et la contemplation des pêcheurs de carpes.

Vue de l’exposition Takashi Murakami, « BAKA », Galerie Perrotin, Paris © ARTEEZ
Vue de l’exposition Takashi Murakami, « BAKA », Galerie Perrotin, Paris © ARTEEZ

Takashi Murakami – BAKA
Galerie Perrotin, Paris
Du 16 octobre au 21 décembre 2019
www.perrotin.com

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