Les chefs-d’oeuvre de la Collection Courtauld

La Fondation Louis Vuitton présente l’exposition « La Collection Courtauld: Le Parti de l’Impressionnisme »

Une partie de la mythique collection de Samuel Courtauld a quitté le Courtauld Institute of Art and Gallery qui se trouve à la Somerset House de Londres pour être présenté à la Fondation Louis Vuitton. C’est la première fois depuis plus de soixante ans que la Collection est présentée à Paris – elle avait été exposée au Musée de l’Orangerie en 1955.

Au début du XXème siècle, l’industriel londonien Samuel Courtauld fut l’un des collectionneurs et mécènes les plus importants de son temps. Dès 1923, il créait le Courtauld Fund pour la National Gallery et, en 1932, le Courtauld Institute. Attaché à ses origines françaises, il se rendait régulièrement à Paris pour acheter des oeuvres aux marchands français.

L’exposition qui réunit une centaine de peintures et d’oeuvres graphiques permet de suivre le développement de l’impressionnisme et du postimpressionnisme depuis les années 1860 jusqu’au tournant du XXème siècle.

Le parcours est jalonné de chefs-d’œuvre de cette période charnière dans l’histoire de l’art dont Le Déjeuner sur l’herbe (vers 1863) et Un bar aux Folies-Bergère (1882) d’Edouard Manet, La Loge (1874) de Pierre-Auguste Renoir, Jeune Femme se poudrant (vers 1888-1890) de Georges Seurat, Les Joueurs de cartes (vers 1892-1896) de Paul Cézanne ou encore Te Rerioa (1897) de Paul Gauguin.

Edouard Manet, Un bar aux Folies-Bergère (1882), Huile sur toile 96 x 130 cm. The Samuel Courtauld Trust, The Courtauld Gallery, London

Un bar aux Folies-Bergère est la dernière œuvre majeure de Edouard Manet avant sa mort. Ce célèbre tableau a été abondamment commenté en raison de son jeu de miroir qui déforme la réalité. Cette toile est devenue une icône de la Collection Courtauld. 

Edouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe (vers 1863), huile sur toile, The Courtauld Gallery, Londres (Samuel Courtauld Trust), Don de Courtauld 1932

Cette version réduite du Déjeune sur l’herbe (esquisse préparatoire ou réplique d’après la version finale) a été acheté par Courtauld en 1928. L’oeuvre originale fut rejetée par le jury du Salon de 1863. Elle a été exposée au Salon des Refusés sous le titre Le Bain. La composition met en scène une femme nue au milieu d’hommes habillés en costumes. Le tableau a été qualifié d’indécent par les critiques de l’époque.

Pierre-Auguste Renoir, La Loge (1874), huile sur toile, The Courtauld Gallery, Londres (Samuel Courtauld Trust), Don de Courtauld 1934

« La Loge » de Pierre-Auguste Renoir a été acquise en 1925 auprès du marchand Durand-Ruel. Samuel Courtauld était particulièrement attaché à ce tableau, qui était l’un de ses achats les plus chers. Il lui a même consacré un poème.

Paul Cézanne, Les Joueurs de cartes (vers 1892-1896), huile sur toile, The Courtauld Gallery, Londres (Samuel Courtauld Trust), Don de Courtauld 1932

Paul Cézanne devient une des figures clé de la Collection Courtauld qui compte pas moins de 21 peintures, des dessins et des lettres de l’artiste. C’est grâce au collectionneur que Cézanne est entré dans les collections nationales anglaises.

Georges Seurat, Jeune Femme se poudrant (vers 1888-1890), huile sur toile, The Courtauld Gallery, Londres (Samuel Courtauld Trust), Don de Courtauld 1932

Georges Seurat constitue un point fort de la collection avec un ensemble significatif de quatorze œuvres. La Jeune femme se poudrant est le seul portrait majeur peint par Seurat, en pleine période pointilliste, qui représente Madeleine Knobloch, sa compagne. Il s’agit d’un des rares tableaux de l’artiste mettant en scène sa vie privée. Une anecdote révélée par l’imagerie aux rayons X nous indique que Seurat avait peint son autoportrait dans le miroir en haut à gauche avant de le remplacer par un bouquet de fleurs.

Paul Gauguin, Te Rerioa (1897), Paul Gauguin, huile sur toile, The Courtauld Gallery, Londres (Samuel Courtauld Trust), Don de Courtauld 1932

Dès 1922, Samuel Courtauld s’est intéressé au peintre Paul Gauguin. En 1924, il acquiert Nevermore et, en 1928, il achète à chez Paul Rosenberg le tableau énigmatique intitulé Te Rerioa (cauchemar) malgré son « prix astronomique ».

A noter qu’un ensemble de dix aquarelles de William Turner, acquises par Sir Stephen Courtauld, le frère de Samuel, viennent clore l’exposition. La Courtauld Gallery possède l’une des plus importantes collections publiques d’aquarelles de Turner après celles du British Museum et de la Tate Britain.

Comme l’écrit Bernard Arnault, président de la Fondation Louis Vuitton: « Assurément, Samuel Courtauld fut un visionnaire; sa vie, son oeuvre sont pour nous un exemple de clairvoyance et de générosité pour l’enrichissement, l’émotion, et le plaisir de tous les publics en Grande-Bretagne, en France mais aussi dans le monde » (Avant-Propos du catalogue de l’exposition « La Collection Courtauld: Le Parti de l’Impressionnisme »).

Quelques mots sur la Fondation Louis Vuitton

Depuis son ouverture en 2014, la Fondation Louis Vuitton témoigne du rôle dans l’histoire de l’art de passions personnelles qui sont à l’origine de la constitution de grandes collections privées. La Fondation a ainsi rendu hommage à la Collection Chtchoukine ou celle du MoMA initiée par les collectionneuses et mécènes américaines Lillie P. Bliss, Abby Aldrich Rockeffeller et Mary Quinn Sullivan.

Quelques mots sur le Courtauld Institute of Art

Fondé en 1932, le Courtauld Institute of Art est un collège autonome de l’université de Londres. Au coeur de cet Institut, se trouve en dépôt permanent la collection du Samuel Courtauld Trust. L’Institut développe actuellement le projet « Courtauld Connects » dont la première phase comprend la rénovation de la Somerset House (raison pour laquelle la Courtauld Gallery est actuellement fermée). La seconde phase de travaux se concentrera sur l’enseignement et la recherche.

La Collection Courtauld: Le Parti de l’Impressionnisme
Fondation Louis Vuitton

Jusqu’au 17 juin 2019

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