Les figures colossales de Thomas Houseago

Le Musée d’art Moderne de la Ville de Paris présente la première rétrospective en France de Thomas Houseago, figure majeure de la scène artistique internationale. 

Thomas Houseago, Serpent, 2008 Tuf-Cal, chanvre, fer à béton, Oilbar,  mine de plomb, bois 244 x 155 x 120 cm Collection Baron Guillaume Kervyn de Volkaersbeke  © Thomas Houseago © ADAGP, Paris, 2019 Photo : Fredrik Nilsen Studio

Thomas Houseago est un peintre et sculpteur anglais, né à Leeds en 1972. Après avoir parcouru l’Europe pour parfaire sa pratique et tenter de vivre de son art, la galerie Xavier Hufkens à Bruxelles lui consacre une première exposition personnelle en 2002. Malgré cette première expérience commerciale peu concluante, il décide de s’installer à Los Angeles en 2003 où il parviendra, petit à petit, à se faire une place sur la scène artistique internationale. 

Thomas Houseago crée des sculptures monumentales et expérimente différentes techniques, toujours ancrées dans le dessin. Les matériaux qu’il emploie sont également variés : bois, plâtre, fer et bronze. 

Il fait émerger peu à peu de sa sculpture la figure humaine, ce qui le place dans la lignée des sculpteurs tels que Henry Moore, Georg Baselitz et Bruce Nauman. Ses références à l’histoire de l’art sont également celles du cubisme, du futurisme et du primitivisme, qui le guident pour transposer avec son propre vocabulaire cette inspiration dans la sculpture contemporaine où l’anatomie humaine est déformée et les échelles exagérées. Mais c’est également dans la culture populaire qu’il puise son inspiration, notamment dans la figure emblématique de Hulk, super-héros colérique et colossal.

Thomas Houseago va par la suite développer de nouveaux motifs où la figure humaine disparaît au profit d’éléments plus architecturaux, toujours dans des formats monumentaux.

Elles [les sculptures] arborent des poses suffisamment familières pour provoquer notre empathie, mais suffisamment différentes pour élargir notre vocabulaire

Penelope Curtis, « Le cœur en bandoulière : portrait de l’artiste en jeune homme »

Rétrospective au MAM

L’exposition au Musée d’art moderne de la Ville de Paris retrace les différentes évolutions du travail de Thomas Houseago, de ses débuts dans les années 1990 jusqu’à ses plus récentes créations. Le parcours, articulé autour de quatre salles d’expositions, commence dès l’esplanade du musée avec une sculpture monumentale en bronze, intitulée Striding Figure II (Ghost),de plus de 5 mètres de hauteur. Une entrée en matière plutôt saisissante !

Thomas Houseago, Striding Figure II (Ghost), 2012 Bronze 505,5 x 200,7 x 315 cm © Thomas Houseago © ADAGP, Paris, 2019 Photo : Delfanne Photography 

Almost human, comme le titre de l’exposition l’indique, se concentre sur la figure humaine omniprésente dans l’œuvre de l’artiste. Des sculptures anthropomorphes de ses débuts, aux silhouettes de monstres, jusqu’à une forme plus abstraite où seule la trace de l’artiste subsiste, ses sculptures sont souvent monumentales et imposantes, et conservent la marque du processus de fabrication qui oscille entre force et fragilité.

« Il est un sculpteur superlatif, créateur de figures, de monstres aux visages bouleversés, de masques et, depuis moins longtemps, de constructions presque décoratives. »

Fabrice Hergott, extrait du catalogue d’exposition
Thomas Houseago, Untitled (Egg), 2015 Tuf-Cal, chanvre, fer à béton, bois, mine de plomb, crayons de couleur 181,6 x 66 x 66 cm Courtesy de l’artiste, Los Angeles © Thomas Houseago © ADAGP, Paris, 2019 Photo : Fredrik Nilsen Studio  

Le parcours est chronologique et s’ouvre sur ces premières réalisations de figures à l’apparence humaine réalisées en plâtre dont l’aspect brut, parfois teinté de couleur, exprime la recherche de l’équilibre.

La suite de l’exposition permet de faire le lien entre ces travaux figuratifs et ses formes architecturées qui constituent la plus grande partie de sa production actuelle. Il réutilise par exemple une variété de plâtre utilisé dans le bâtiment (Tuf-Cal), milieu dans lequel il a travaillé en arrivant à Los Angeles.

La troisième salle plonge radicalement le visiteur dans la thématique de la noirceur et des démons avec des figures représentant des crânes, des colosses et des monstres qui ont longtemps hantés les nuits de l’artiste. L’idée n’est pas d’effrayer mais de retranscrire sa vision réelle de l’être humain. C’est dans cette salle qu’est exposé L’homme pressé, œuvre présentée pour la première fois à la Biennale de Venise devant le Palazzo Grassi en 2011, qui permettra à l’artiste d’accroître sa notoriété. La dernière pièce est dédiée à l’œuvre intitulée Cast Studio (stage, chairs, bed, mound, cave, bath, grave),réalisée spécialement pour l’exposition, accompagnée de film et de photographies relatant son processus de création et de ses sources d’inspiration comme par exemple le film « Orange mécanique » de Stanley Kubrick ou d’effrayants masques mexicains du XIXe siècle. 

Thomas Houseago, Untitled Face (Pink Tongue #2/Green Face),1995 Plâtre, peinture acrylique, bois 118 x 60 x 38 cm Courtesy de l’artiste, Los Angeles  © Thomas Houseago © ADAGP, Paris, 2019 Photo : Fredrik Nilsen Studio 

Thomas Housego en galerie 

Thomas Houseago est aujourd’hui représenté par plusieurs galeries à travers le monde. 

Xavier Hufkens, de la galerie éponyme située à Bruxelles, est le premier à montrer les œuvres de Thomas Houseago en 2002. Dès lors, il lui consacre plusieurs expositions dont la dernière en date remonte à mai 2018. 

Thomas Houseago fait également partie des artistes représentés par la célèbre galerie Gagosian avec des solo show notamment à New York en 2015, à Hong Kong en 2016 et à Beverly Hills en 2017. On peut également citer la galerie Hauser & Wirth qui a exposé Thomas Houseago à Londres et Zurich en 2012 et New York en 2014.

Thomas Houseago, Fractured Face for MEF, 2015 Tuf-Cal, chanvre, fer à béton, mine de plomb, crayons de couleur 125,5 x 91, 4 x 8,9 cm Courtesy de l’artiste, Los Angeles © Thomas Houseago © ADAGP, Paris, 2019 Photo : Fredrik Nilsen Studio  
Portrait de Thomas Houseago, 2018  © Muna El Fituri 

Musée d’art moderne de la Ville de Paris
Thomas Houseago, Almost Human
Du 15 mars au 14 juillet 2019

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