Martine Franck au Musée de l’Elysée

Le Musée de l’Elysée consacre une rétrospective sur l’oeuvre de la journaliste, reporter et portraitiste Martine Franck

Conçue par la Fondation Henri Cartier-Bresson située à Paris, et coproduite avec le Musée de l’Elysée de Lausanne, l’exposition rétrospective de l’oeuvre de Martine Franck est constituée de près de 140 photographies, dont certaines inédites, en grande partie sélectionnées par la photographe de son vivant.

Martine Franck vient à la photographie à travers une démarche personnelle liée en grande partie à ses voyages en Asie. En 1963, elle part photographier les splendeurs de la Chine, du Japon, de l’Inde, du Cambodge, du Népal, du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Iran. Elle effectue ce voyage initiatique en Extrême-Orient avec Ariane Mnouchkine, une figure incontournable du théâtre français. « La photographie est apparue par hasard dans ma vie. J’ai obtenu un visa pour la Chine et mon cousin m’a prêté son Leica en me disant que j’avais beaucoup de chance et qu’il fallait que je rapporte des images. », confia-t-elle à Roland Quilici en 2007.

De retour en France en 1964, Martine Franck devient photographe indépendante. Elle commence à travailler pour les grands magazines américain. Ses reportages et ses portraits d’artistes et d’écrivains sont publiés dans LifeFortuneSports Illustrated, le New York Times et Vogue. Elle se lie d’amitié avec les artistes et écrivains qu’elle rencontre comme Pierre Alechinsky, Balthus, Pierre Boulez, Marc Chagall, Michel Foucault, Michel Leiris, Sam Szafran ou Paul Strand.

Le portrait, c’est toujours une nouvelle rencontre. Avant la prise de vue, j’ai le trac, puis peu à peu les langues se délient. Ce que je chercher à capter, c’est la lumière dans l’oeil, les gestes, un moment d’écoute ou de concentration – lorsque précisément le modèle ne parle pas.

Martine Franck
Martine Franck, Le peintre Sam Safran dans son atelier, Malakoff 1983. Vue de l’exposition « Martine Franck », Musée de l’Elysée, Lausanne, 2019 © Arteez
Martine Franck, Le sculpteur Henry Moore dans son atelier, Hertfordshire, Royaume-Uni, 1968. Vue de l’exposition « Martine Franck », Musée de l’Elysée, Lausanne, 2019 © Arteez

Martine Franck fait la connaissance d’Henri Cartier-Bresson à la fin des années 1960 et l’épouse en 1970. De trente ans son ainé, le photographe va l’encourager dans sa propre voie. Elle intègre l’agence VU en 1970 et participe à la fondation de l’agence Viva en 1972. En 1983, elle devient membre de la coopérative Magnum Photos, qui diffuse toujours son travail aujourd’hui.

Quand elle choisit la photographie, Martine Franck est une des rares femmes à utiliser ce médium. Pour se différencier du travail de ses confrères, elle aborde des sujets différents comme le monde du travail, les femmes, la vieillesse, la solidarité et l’humanitaire.

« Je me sens concernée par ce qui se passe dans le monde et impliquée dans ce qui m’entoure. Je ne veux pas seulement “documenter”, je veux savoir pourquoi telle chose me dérange ou m’attire et comment une situation peut affecter la personne concernée. Je ne cherche pas à créer une situation et ne travaille jamais en studio; je cherche plutôt à comprendre, à saisir la réalité. J’ai trouvé dans la photographie un langage qui me convient. »

Martine Franck
Vue de l’exposition « Martine Franck », Musée de l’Elysée, Lausanne, 2019 © Arteez

Martine Franck photographie les paysages comme un exercice de méditation. Elle maîtrise la forme et la lumière grâce à ses connaissances approfondies de la sculpture.

J’ai toujours photographié des paysages, par plaisir, par besoin. Cette démarche est l’opposée de l’instantané. Il faut d’abord prendre le temps de contempler, se ressourcer. C’est une forme d’exercice, de méditation visuelle, devant les espaces inconnus marqués souvent par la main de l’homme.

Martine Franck
Vue de l’exposition « Martine Franck », Musée de l’Elysée, Lausanne, 2019 © Arteez
Vue de l’exposition « Martine Franck », Musée de l’Elysée, Lausanne, 2019 © Arteez

Martine Franck est devenue une figure essentielle de l’art photographique du XXe siècle. Cette exposition est un regard inédit d’une photographe sur l’ensemble de son œuvre. Elle est à voir jusqu’au 5 mai 2019.

Martine Franck
Musée de l’Elysée

Lausanne
Du 20 février au 5 mai 2019

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