Michel Huelin : entre oeuvres peintes et oeuvres numériques

Michel Huelin nous annonce la couleur dès le début de notre rencontre: “Mon travail est séparé en deux : d’un coté la peinture et de l’autre un travail numérique”. L’artiste maîtrise à la perfection les deux au point que l’oeil est comme trompé et ne fait plus la différence face à une peinture ou une oeuvre numérique.

Formé aux Beaux-Arts, le jeune artiste pratique la peinture et la vidéo. “Dans mon parcours, j’ai beaucoup travaillé avec Photoshop pour préparer les modèles. Plutot que de faire du dessin, j’utilisais déjà les outils numériques”.

Pour autant, Michel Huelin est un peintre à part entière. Ses peintures demandent une  véritable maîtrise de la technique. Elles sont laquées, il y a peu de matière. L’artiste cherche une peinture où il n’y a pas la trace du pinceau, ce qui la rend assez immatérielle. De fait, ses oeuvres peintes se  rapprochent de celles réalisées en numérique. “Quand on s’approche, on voit que c’est une peinture”.

En 2001, son atelier brûle. Il perd une centaine de ses peintures. Cela a peut-être été l’élément déclencheur pour passer au numérique, tout en continuant les oeuvres peintes.

Les oeuvres numériques de Michel Huelin sont de la modélisation 3D sur ordinateur. “Dans mes oeuvres numériques, j’utilise des objets ou des textures qui viennent du monde réel comme des feuilles ou des tâches de peintures. La tâche est réelle; elle est scannée, détourée et devient texture dans le modèle 3D.” L’artiste fait beaucoup d’essais préalables sur la matière, la couleur, l’éclairage, le point de vue ou encore la texture. Quand l’image est prête, le calcul est lancé. L’ordinaire met près de 300 heures pour calculer l’image qui fait environ 25.000 pixels.

Michel Huelin nous explique: “le travail technique est de construire les objets les uns après les autres, c’est le travail de la modelisation. Après, c’est le travail du feeling, de la matière. Cela redevient un travail de peintre, plus aléatoire, plus libre”. Son travail  numérique peut se traduire par un subtil mélange entre une partie technique et une partie faite d’imprévus. Fort de 20 ans d’expérience, l’artiste maitrise avec aisance les techniques du numérique. “Je travaille sur l’accident, sur l’imprévu. Je n’ai pas conscience du coté technique. Je l’avais au début, pour apprendre. Aujourd’hui, je ne pense plus à la technique”.

Ses oeuvres plus récentes intègrent l’architecture. Les architectures ont plein de vides. “Cela conplexifie l’image mais l’image en tant que telle est simple. Ce sont des modules”. Ce sont les transparences, les réflections et les superpositions qui donnent cet effet complexe.

L’artiste travaille actuellement sur un projet en réalité virtuelle. Equipé d’un casque, le spectateur pourra se balader dans l’univers imaginaire de Michel Huelin. Pour créer cet univers, l’artiste va réutiliser et retransformer les objets crées et stockés dans ses ordinateurs qui deviennent, à cet effet, ses carnets de croquis.

Aujourd’hui, l’artiste fait de moins en moins la différence entre les oeuvres peintes et les oeuvres numériques. Il compte cependant plus d’oeuvres numériques dont beaucoup ne sont pas encore calculées dans ses ordinateurs et ne le seront peut-être jamais.

unnamed3.jpgMichel Huelin, Xenobiosis 2, 2007, C-Print, 127 x 200 cm © Michel Huelin

unnamed1.jpgMichel Huelin, Golden Brown Room, 2017, Jet d’encre, 77 x 137 cm © Michel Huelin

unnamed2.jpgMichel Huelin, Indoor 6, 2017, Jet d’encre, 56 x 94 cm © Michel Huelin

unnamed4.jpgMichel Huelin, Primary Forest 9, 2014, peinture alkyde sur Dibond,125 x 200 cm
© Michel Huelin

unnamed.jpgMichel Huelin, Canapé, 2018, peinture acrylique sur Corapan, 95 x 160 cm
© Michel Huelin

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