Prix de photographie des droits humains 2018

La Fondation Act On Your Future décernera, pour la quatrième année consécutive, le Prix de photographie des droits humains le jeudi 6 décembre à Genève. Ce Prix a pour objectif de réunir l’art et la réflexion politique, soutenir la jeune création et de réfléchir autrement aux droits humains.

Le thème de l’édition 2018 est «(In)égalité». Les noms des finalistes viennent d’être dévoilés par un jury de professionnels du monde des arts, de la culture et des droits humains. Ces personnalités ont souhaité récompenser le regard incisif et original porté par ces jeunes talents sur les questions de genre, la promotion de l’égalité et la lutte contre la discrimination fondée sur le sexe.

Le/la lauréat-e pourra choisir l’une des deux récompenses suivantes : (1) un budget de CHF 10’000.- exclusivement dévolu à la réalisation d’une exposition pensée dans la continuité du projet primé, ou ; (2) une somme de CHF 5’000.- en espèces dont il/elle pourra disposer librement. Les quatre autres finalistes recevront CHF 500.- chacun.

Les cinq artistes sélectionnés sont :

  • Zoé Aubry pour Noms Inconnus (photographie et publication)
  • Mariano Bocanegra pour Boys Don’t Cry (photographie)
  • Guillaume Delleuse pour Sans Titre (photographie)
  • Pierre-Kastriot Jashari pour Bonu Burrë ! (photographie et vidéo)
  • Yushi Li pour Your Reservation is Confirmed (photographie)

 

1. Zoé Aubry_WEB_1.jpgZoé Aubry, Noms Inconnus

Dans ses photographies, Zoé Aubry souhaite restituer aux victimes de violences conjugales une identité, quelques lignes d’existence, une situation, une histoire. Elle se pose la question suivante: “L’émancipation féminine est-elle encore mortelle en 2018 ?” Ses photographies sont le résultat d’un procédé de détérioration.

4. Mariano Bocanegra_WEBMariano Bocanegra, Boys don’t cry

Mariano Bocanegra présente un projet intitulé “Boys don’t cry”. “Un jour, je suis sorti de chez moi sans savoir que j’y retournerai seulement deux mois plus tard. Ce projet advient suite à l’agression dont j’ai été victime alors que j’embrassais un autre homme sur le bord du Rhône. C’était le 24 juin 2018 à Arles en France. Après une chute de quatre mètres de hauteur, j’ai été hospitalisé d’urgence et opéré de ma jambe droite. Je suis resté immobilisé pendant deux mois dans une clinique. Durant cette période mon téléphone a été le seul lien avec l’extérieur et l’unique outil photographique que j’avais à ma disposition”.

Le photographe souhaite poursuivre son projet jusqu’à la fin de son rétablissement. “Je veux continuer de prendre, collecter et accumuler des images sur les changements et les défis chaque jours plus nombreux qui ont transformés ma vie depuis cette agression”.

7. Guillaume Delleuse_WEB.jpgGuillaume Delleuse, Sans Titre

Guillaume Delleuse nous explique son projet: “Pour répondre à la question du genre aujourd’hui, j’ai rassemblé un sous-ensemble d’images sur l’ambiguïté homme/femme. Les personnes androgynes se manifestent de plus en plus, notamment à Paris et à New-York où ont été prises ces images. J’ai capté des sujets qui se distinguaient par leurs apparences physiques (visages, modifications corporelles), par leurs styles vestimentaire,(bijoux, maquillage, coupes de cheveux), mais également par leurs postures et attitudes vis-à-vis de leurs corps (démarches, poses photographiques, sensibilités)”.

 

11. Pierre-Kastriot Jashari_WEB.jpgPierre-Kastriot Jashari, Bonu Burrë !

Dans son projet intitulé «Bonu Burrë!», (en albanais qui signifie «Deviens homme!»), Pierre-Kastriot Jashari souhaite refléter la condition des personnes LGBT du Kosovo. Avec ce film personnel à visée documentaire, l’artiste propose de mettre le spectateur à la place du sujet. Des soirées secrètes organisées dans des cercles fermés, aux récits de l’un des imams les plus visionnés en ligne par les albanais, en passant par des vues des paysages du pays, «Bonu Burrë!» est un voyage immersif.

En parallèle, la série photographique dresse des portraits jouant de l’ambivalance entre le besoin de se s’affirmer et l’obligation de se cacher.

li.jpgYushi Li, Your Reservation is Confirmed

La photographe Yushi Li s’invente une vie idéale avec son projet “Your reservation is confirmed”. “I rent my ‘ideal’ home through Airbnb, and book my ‘ideal’ men through a life modelling website to construct my ‘ideal’ images, through which I try to create a dynamic relationship between the looked-at object, the viewer and the third party that is looking at the viewer”. En créant ces rencontres intimes, l’artiste joue avec le rapport de force inhérent au regard et tente de remettre en question la vision binaire du genre.

 

Le Prix de photographie des droits humains 2018 est organisé en partenariat avec l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL), la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD- Genève), l’Ecole nationale supérieure de la photographie d’Arles (ENSP), la Royal College of Art de Londres (RCA), Art Bärtschi & Cie, la maison de ventes aux enchères Christie’s, le cabinet d’avocats FRORIEP, Human Rights Watch, le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), et MAPS.

Une exposition collective sera ouverte au public chez Art Bärtschi & Cie du 7 au 15 décembre 2018. L’occasion pour le public de porter un nouveau regard sur les droits humains et créer des ponts entre image, dignité humaine et initiatives locales.

 

Art Bärtschi & Cie
Loft 43, Carouge/Acacias
Du 7 au 15 décembre 2018

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