Sous le trait de Egon Schiele

La Fondation Louis Vuitton présente une centaine d’oeuvres de Egon Schiele (1890-1918), mêlant principalement des oeuvres sur papier et quelques peintures en cette année d’anniversaire de la mort prématurée de l’artiste autrichien.

Autoportrait au gilet, debout, 191. Gouache, aquarelle et crayon gras sur papier, monté sur carton. Ernst Ploil, Vienne. Photo: Courtesy of Ernst Ploil, Vienne

L’exposition parcours une décennie de la carrière fulgurante et prolifique de Egon Schiele, de sa majorité en 1908 à son décès en 1918. Depuis son plus jeune âge, l’artiste marque un vif intérêt pour le dessin. Il entre à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1906 à l’âge de 16 ans.

En conflit avec son professeur et “l’Académie” en général, il interrompt ses études et fonde le Neukunstgruppe (Groupe pour le nouvel art). Il trouve à Vienne un art différent. La capitale autrichienne est en plein foisonnement artistique entre les différents mouvements de la Sécession viennoise et l’avènement de l’Art nouveau qui se développe en Autriche et en Allemagne.

A 17 ans, il rencontre Gustav Klimt qu’il considère comme son modèle et son maître spirituel. L’oeuvre Danaé peinte en 1909 est un hommage direct à son mentor.

Egon Schiele, Danaé, 1909, huile et peinture métallique sur toile, The Lewis Collection

Pour Schiele, un grand peintre est un « peintre de figures ». L’artiste explore la figure humaine dans ses expressions les plus excessives. Dans ses portraits et autoportraits, la sexualité et la mort dominent. Il donne forme à ses combats intérieurs et incarne les pressentiments propres au contexte de la guerre. Ses oeuvres sont saisissantes et audacieuses grâce à un tracé abrupt et qui semble être à vif.

Vue d’installation de l’exposition Egon Schiele, Fondation Louis Vuitton, Paris, 2018 © Arteez

En 2015 déjà, la Fondation Louis Vuitton avait consacré une exposition aux “lignes” qui structuraient la collection contemporaine de la Fondation. L’exposition intitulée “Les clefs d’une passion” s’articulait en quatre séquences: les lignes expressionnisme subjectif, contemplative, copiste et musique.

Dans cette nouvelle exposition, le visiteur retrouve l’importance de cette ligne qui détermine la pratique artistique du peintre. Du trait ornemental (1908-1909) influencé par le Jugendstil (style décoratif apparenté à l’art nouveau), à la ligne expressionniste (1910-1911) dont le trait plus est anguleux et tortueux, sa ligne retrouve un certain équilibre (1912-1914) pour finir, dans les dernières années, avec une ligne recomposée (1915-1918) à mesure que le peintre renoue avec un certain modelé dans ses représentations de paysages, de corps et de fleurs.

L’évolution de son trait inimitable ne relève pas seulement d’une démarche stylistique radicale , mais bien de l’expression de l’expérience humaine au travers de la forme.

Femme couchée sur un coussin bleu, les bras relevés derrière la tête (Wally Neuzil), 1913. Aquarelle, gouache et crayon sur papier. Private Collection. Vue d’installation de l’exposition Egon Schiele, Fondation Louis Vuitton, Paris, 2018 © Arteez
Danseuse, 1913. Aquarelle, gouache et graphite sur papier vergé. National Gallery of Art, Washington. Vue d’installation de l’exposition Egon Schiele, Fondation Louis Vuitton, Paris, 2018 © Arteez
Deux femmes debout, 1913. Crayon et gouache sur papier. Collection particulière. Vue d’installation de l’exposition Egon Schiele, Fondation Louis Vuitton, Paris, 2018 © Arteez
Nu féminin debout au tissu bleu, 1914. Gouache, aquarelle et graphite sur papier vélin. Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg. Vue d’installation de l’exposition Egon Schiele, Fondation Louis Vuitton, Paris, 2018 © Arteez

Egon Schiele
Fondation Louis Vuitton
Paris, France
Jusqu’au 14 janvier 2019

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