La bonne étoile de Vincenzo Marsiglia

Nous avons rencontré Vincenzo Marsiglia qui présentera une installation in situ pendant la semaine de artgenève. Il nous parle de son travail et de sa futur exposition.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ?

VM: J’ai suivi l’enseignement de l’Institut d’Art à Imperia en Italie dans le domaine des arts décoratifs puis j’ai poursuivi ma formation à l’Accademia delle Belle arti di Brera à Milan, où j’ai obtenu un Master en Peinture. J’ai commencé avec une formation classique puis, je me suis intéressé à l’art video comme si cela était une évolution des mes recherches artistiques, une nouvelle expérimentation dans ma pratique de peintre.

A la fin des années 90, je ressentais un refus pour la peinture classique et cela a été pour moi, un moment de transition. J’ai développé à ce moment une forme qui est une étoile à quatre branches, et qui sera la forme que je nomme UM, Unité Marsiglia de 4 x 3 cm. Cette forme devient avec le temps un symbole que j’ai appelé Star et toutes mes oeuvres sont en relation avec ces dimensions. Cette forme s’intègre aux différents matériaux que j’utilise, elle est toujours présente dans mes oeuvres.

Vincenzo Marsiglia, Stella Giglio, 2000, Feutre, 100x250x6,25 cm (tryptique). Courtesy of the artist

Peut-on dire que cette étoile est votre marque de fabrique, un peu comme l’entaille de Fontana, les clous d’Enrico Castellani ou encore la fourchette de Capogrossi pour faire référence aux maîtres italiens ?

VM: Oui, en quelque sorte! Je cherchais un signe distinctif et je l’ai appliqué à différents matériaux car j’aime travailler avec de nombreux médium comme le tissu, le papier, l’ardoise, le marbre, le miroir etc. Chaque médium a été intéressant pour moi dans mon évolution artistique. Aujourd’hui, je me tourne vers les technologies digitales et les installations parce qu’elles m’intéressent d’un point de vue géométrique.

Ma première oeuvre interactive est née sous la forme d’un « quadre interactif », c’est- à- dire d’une peinture faite de façon digitale qui varie pendant les heures et interagit avec son public. C’est une oeuvre en mouvement dans laquelle le spectateur devient protagoniste. Elle est née dans les années 2008-2009.

Vincenzo Marsiglia, Star Interactive, 2009, Feutre, Icd, software, webcam et ordinateur, 240×300 cm. Courtesy of the artist

Vous utilisez beaucoup de médium liés aux technologies digitales, pouvez-vous nous en parler? 

VM : Ces dernières années, j’ai développé trois thèmes: je crée des origamis de papier toujours avec la forme de l’étoile qui seront ensuite reproduits avec du marbre pour créer in fine une sculpture. Je crée aussi des formes géométriques avec des plaques de marbre sur lesquelles sont incisées mes étoiles à quatre branches. Les formes géométriques font toujours référence à mon étoile. Et puis, je développe aussi des oeuvres qui font appel aux nouvelles technologies. 

Vincenzo Marsiglia, Fold Star, 2013, Marbre blanc de Carrare, diamètre 50 cm. Photo: Ian Scigliuzzi. Courtesy of the artist
Vincenzo Marsiglia, Star Stone#2, 2016, Ardoise incisée, 82,25×228,5 cm. Photo: Ian Scigliuzzi. Courtesy of the artist

Vous utilisez différents médium et différentes techniques, vous êtes un artiste pluridisciplinaire? 

VM : Oui, on peut dire ça! J’ai commencé avec des tissus sur lesquels je peignais mes étoiles à l’acrylique en suivant une thématique proche de l’Op art. Je découpais toutes les étoiles à la main, cela était pour moi une espèce d’exercice méditatif comme le faisait Roman Opalka avec ses séries de chiffres. Tout cela, je l’ai fait jusqu’en 2000 et puis je me suis intéressé à la digitalisation et aux évolutions technologiques. J’ai suivi les changements de notre société et cela a eu une résonance sur mes recherches et la réalisation de mes œuvres.

Vincenzo Marsiglia, Minimal Op App, 2016, Miroir, stickers, plexiglass, iPad e application iPad, 55,5×55,5×9 cm. Courtesy of the artist

Quels sont les courants artistiques qui vous ont influencés?

VM: Les artistes minimalistes américains comme Donald Judd et Sol LeWitt m’ont toujours plu et je me suis aussi intéressé à l’œuvre de Gianfranco Pardi, un artiste minimaliste italien. La réalité minimaliste dans la sculpture m’a toujours attiré même si j’ai travaillé aussi des formes baroques qui m’intéressaient pour leur aspect géométrique.

Vincenzo Marsiglia, Vanity Star, 2011, Miroir polarisé, software, lcd, webcam e quadre du XVIIIs, 140x94x7,5cm. Courtesy of the artist

Vous présenterez une exposition à Genève pendant la semaine de artgeneve. Pouvez-vous nous parler de ce projet? 

VM: Il y aura une installation (de 6 x 20.5 m) qui fait partie d’une série intitulée Wrap parce qu’elle emballe le spectateur dans une architecture géométrique créée avec des fils de satin de couleur jaune, vert, fuchsia et orange. Cette installation sera illuminée par une lumière ultraviolette pour faire ressortir les couleurs. Etre emballé par une œuvre est une expérience sensorielle et visuelle et l’œuvre WRAP permet de vivre une expérience qui change notre perception de l’architecture.

Vincenzo Marsiglia, WRAP#4 Geneva © Laetitia Florescu

Il y aura aussi deux oeuvres qui sont des miroirs interactifs. Je les appelle Vanity Star en référence au genre pictural appelé «vanité» qui est une représentation de la vacuité des choses. Les miroirs interactifs présentent des propriétés différentes qu’ils soient allumés ou éteints. Lorsqu’ils sont éteints, ils sont comme un miroir et quand ils sont allumés ils interagissent avec l’image du spectateur pour former une nouvelle image virtuelle. Cela créée une relation entre le réfléchissement de sa propre image réelle et l’image virtuelle et fait réfléchir aussi à la réinterprétation d’une image à partir d’une réalité. 

En plus, il y aura lors de l’exposition une performance photographique qui sera enregistrée sur Ipad et génèrera un portrait virtuel des visiteurs de l’installation. Cela permettra aux visiteurs de repartir avec un portrait créé sur le moment.

Vincenzo Marsiglia, Vanity Star Op M#1, 2016, Feutre paillette, miroir polarisé, software, écran led et webcam, 140x94x7,5 cm. Photo: Ian Scigliuzzi. Courtesy of the artist

Vous proposez des pièces uniques et aussi des séries?

VM: Oui, certaines de mes œuvres comme les Vanity Star sont des pièces uniques mais l’installation WRAP est un série déclinée à chaque fois pour un lieu d’exposition spécifique. Je l’ai présentée en Italie en 2018 et 2019, où elle est actuellement visible (Galerie Maurizio Caldirola Arte Contemporanea à Monza jusqu’au 24 janvier 2020). Elle sera aussi présentée à la Fortezza di Bressanone, à l’occasion de la Water Light Festival de Bressanone le 8 mai 2020.

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Vincenzo Marsiglia est né en 1972 à Belvedere Marittimo. Il vit et travaille actuellement à Soncino Cremona en Italie. Il est représenté par plusieurs galeries: Boesso Art Gallery et Maurizio Caldirola Arte Contemporanea en Italie et la Galerie Wagner à Paris. Il a participé à de nombreuses foires internationales telles que : Art Paris, PAD London, Art15 London Global Art Fair, Art Genève, Art Monte-Carlo, Art Elysées, YIA (Maastricht, Bruxelles, Bâle, Paris), Art Verona, MIA Photo Fair, Art Karlsruhe, Art Miami, MIA ART. Il a participé aussi à de nombreuses expositions muséales personnelles et collectives.

L’exposition WRAP AND VANITIES est organisée par Sophie et Frédéric Jacquemoud (fondateurs de Diptyc) et le collectionneur Christian Chalut, avec la participation de Julie Fazio (Agent d’artistes). L’exposition aura lieu dans les locaux de Diptyc (chez Freestudios) à Genève.

Pour les Vanity Hours, Vincenzo Marsiglia créera pour vous une œuvre signée et unique de votre reflet dans le miroir (Jeudi 30 janvier de 12h à 17h & Vendredi 31 janvier de 14h à 20h).

Pour le Vanity Brunch, vous pourrez créer un autoportrait cinétique et unique (Samedi 1er février de 12h à 17h).


Diptyc
Rue Gourgas 3
1205 Genève
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Installée au cœur du quartier des Bains dans l’enceinte du Centre d’Art Contemporain, l’agence Diptyc conçoit la communication au travers, autour et pour l’art. Afin de marquer son engagement, en collaboration avec des collectionneurs, des mécènes et des agents, elle a choisi d’accueillir et de soutenir chaque année un artiste en lui offrant un solo show pendant artgenève.

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