Des impressionnistes aux fauves au Musée Marmottan Monet

Le musée Marmottan Monet à Paris présente l’exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves».

Cette exposition rassemble une soixantaine d’oeuvres de Monet à Matisse que ce soit des peintures, dessins et sculptures, chacune provenant de collections privées d’Europe, des Etats-Unis ou d’Amérique latine. Une importante partie de ces oeuvres n’a jamais ou peu été montrée au public.

Le choix du musée Marmottan Monet n’est pas un hasard car ce dernier est avant tout un musée de collectionneurs. L’intégralité des collections permanentes de cette institution – y compris le premier fonds mondial d’œuvres de Claude Monet – est issu de donations privées.

Des oeuvres de Monet, Renoir, Pissarro, Degas et Caillebotte inaugurent le parcours. Le visiteur pourra ainsi découvrir ou redécouvrir les paysages de Bordighera, Belle-Ile, Rouen, Varengeville, des élégants portraits féminins et autres scènes de genre. Cette section s’organise autour du spectaculaire Pont de l’Europe de Gustave Caillebotte, le dernier chef-d’œuvre monumental de l’artiste en mains privées.

IMG_7904.jpgVue de l’exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

IMG_7911.jpgClaude Monet, Les Pyramides de Port-Coton, effet de soleil, 1886, huile sur toile, collection particulière, courtes Thomas Ammann Fine Art AG, Zurich, Exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

IMG_7922.jpgVue de l’exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

IMG_7925.jpgGustave Caillebotte, Le Pont de l’Europe, 1876, huile sur toile, Genève, Association des amis du Petit Palais, Exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

Le néo-impressionnisme, nouveau mouvement artistique baptisé ainsi par le critique d’art Félix Fénéon, est représenté par de rares huiles et dessins de Seurat, Signac, Rysselberghe mais aussi une magnifique aquarelle de Van Gogh.

Le terme “néo-impressionnisme” fait référence à une technique picturale qui consiste à ne pas mélanger les couleurs sur la palette, mais à les juxtaposer directement sur la toile sous forme de petites touches. Georges Seurat, figure majeure de ce mouvement, est représenté par le tableau La Seine à Courbevoie qui annonce son chef-d’oeuvre Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte (lui-même exposé à The Art Institute of Chicago).

IMG_7949.jpgGeorges Seurat, La Seine à Courbevoie, vers 1885, huile sur toile, Collection particulière, Exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

IMG_7941.jpgVincent Van Gogh, Les lauriers roses. Le jardin à l’hôpital à Saint-Rémy, mai-juin 1889, aquarelle et crayon sur papier, Mexico, Collection Pérez Simon, Exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

La figure singulière de Toulouse-Lautrec n’est pas oubliée avec trois importants tableaux. L’artiste va puiser ses sources d’inspiration dans le quartier de Montmartre dans lequel se trouve son atelier. Beaucoup de ses tableaux représentent des prostituées ou des femmes de condition modeste car il les considère comme des modèles idéaux pour leur spontanéité et leur façon de poser devant son chevalet.

IMG_7955.jpgVue de l’exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

Gauguin continue ce parcours artistique avec l’école de Pont-Aven, petit bourg situé en Bretagne, dont la célèbre école de peinture est mise en avant à travers des pièces majeures d’Emile Bernard dont Le Printemps et Les lutteurs. Bernard met au point le cloisonnisme qui emprunte à l’art du vitrail alors que Gauguin cherche à s’éloigner de l’impressionnisme en aspirant à plus de symbolisme. Ainsi, à Pont-Aven, un style nouveau émerge appelé “synthétisme”. Inspiré par les estampes japonaises, les artistes de ce mouvement proposent une simplification des formes, une absence de modelé, l’emploi de couleurs vives cernées par un trait sombre.

IMG_7957.jpgVue de l’exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

Dans le registre de la sculpture, sont présentés un plâtre inédit de Camille Claudel, un marbre de Rodin ou encore un bronze doré de Bourdelle.

Les Nabis sont ensuite représentés par Bonnard et Vuillard. Ce terme signifie “prophète” en hébreu. Leur langage esthétique s’inspire de l’Ecole de Pont-Aven. Certains artistes sont mystiques, d’autres profanes. Les Nabis forment le dernier courant moderne du XIXe siècle et contribueront à l’émergence des avant-gardes du début du XXeme, notamment du fauvisme.

Enfin, des œuvres fauves de Matisse, Derain, Vlaminck, Dufy ou encore Van Dongen clôturent l’exposition. Le terme “fauve” est apparu en octobre 1905 au Salon d’Automne à Paris. Une salle rassemblant des peintures aux couleurs pures et criardes de Matisse, Derain et Vlaminck avait été surnommée “La cage aux fauves”. Le fauvisme se caractérise par l’audace et la nouveauté des recherches chromatiques. Les couleurs ne correspondent plus à la réalité. Ces artistes revendiquent un art fondé sur l’instinct.

IMG_7969.jpgVue de l’exposition «Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves», Musée Marmottan Paris, 2018 © Arteez

 

Conçue comme une promenade à travers le temps et une véritable ode à la couleur, l’exposition est à voir juqu’au 10 février 2019.

Musée Marmottan Monet, Paris
«Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves»
Jusqu’au 10 février 2019

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