Zao Wou-Ki au Musée d’Art Moderne de Paris

L’exposition “Zao Wou-Ki, L’espace est silence” au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris est la première grande exposition en France consacrée au peintre chinois depuis quinze ans. Si son œuvre est aujourd’hui mondialement connue et reconnue, les occasions de les admirer et d’en percevoir la complexité sont rares.

L’exposition invite le visiteur à une réflexion sur le grand format. Le parcours débute au moment où Zao Wou-Ki adopte une expression nouvelle, « abstraite »,  avec une œuvre de 1956 intitulée Traversée des apparences. Cette étape décisive précède un premier séjour aux Etats-Unis, en 1957, qui le conforte dans la quête d’un espace toujours plus vaste.

Zao Wou-Ki quitte la Chine en 1948 pour venir à Paris. Son œuvre traverse les débats esthétiques qui marquent le développement de l’art moderne. S’il appartient à une scène parisienne qu’il apprécie, il va très tôt être attiré par la vitalité de la peinture américaine. Progressivement, il renoue aussi avec certains traits de la peinture chinoise dont il s’était écarté de façon volontaire.

Zao Wou-Ki préfère le mot « nature » à celui de « paysage ». Ses rapports avec le monde extérieur sont faits de découvertes et de voyages, de rencontres fécondes dont les plus marquantes furent avec l’écrivain Belge Henri Michaux et le compositeur français Edgar Varèse.

Poésie et musique demeureront pour l’artiste deux pôles d’attraction permanents, comme une tension nécessaire avec la peinture. A mesure que son art s’affirme, ces deux domaines artistiques vont donner sens à l’expression que Zao Wou-Ki a inspiré très tôt à Michaux : L’espace est silence.

En insistant sur la portée universelle de son art et sur sa place aux côtés des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXe siècle, l’exposition présente une sélection de quarante œuvres de très grandes dimensions dont certaines, comme un ensemble d’encres de 2006, n’ont jamais été exposées.

L’exposition est à voir jusqu’au 6 janvier 2019.

13.jpgZao Wou-Ki, Sans titre, 2006 Encre de Chine sur papier, 274,5 x 213,5 cm, Collection particulière, Photo : Dennis Bouchard, Zao Wou-Ki © ADAGP, Paris, 2018

6.jpgZao Wou-Ki, Traversée des apparences, 1956 Huile sur toile, 97 x 195 cm, Collection particulière, Photo : Dennis Bouchard, Zao Wou-Ki © ADAGP, Paris, 2018

14.jpgSidney Waintrob, Zao Wou-Ki dans son atelier de la rue Jonquoyen 1967, devant les peintures 29.09.64 et la première version de 21.09.64, 1967, Zao Wou-Ki © ADAGP, Paris 2018, Photo Sidney Waintrob, Budd Studio © David Stekert, Budd Studio, 2018

Zao Wou-Ki, L’espace est silence
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Jusqu’au 6 janvier 2019

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